Israël: Poursuite des négociations gouvernementales

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Les tractations en vue de la formation d'un nouveau gouvernement ont repris lundi entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et ses principaux partenaires de coalition, et un accord pourrait être annoncé d'ici mardi matin, selon les médias.
Les tractations en vue de la formation d'un nouveau gouvernement ont repris lundi entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et ses principaux partenaires de coalition, et un accord pourrait être annoncé d'ici mardi matin, selon les médias. — Sebastian Scheiner POOL

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a lancé mercredi un ultimatum à son partenaire laïque Yaïr Lapid, le menaçant de s'allier avec les partis religieux ultra-orthodoxes si un pacte gouvernemental n'était pas rapidement conclu, selon des sources politiques.

«Si, dans les prochaines heures, il n'y a pas de percée dans les négociations avec Lapid et s'il ne renonce pas à ses demandes excessives, le Premier ministre commencera très vite des discussions avec les partis ultra-orthodoxes», ont indiqué des sources au sein du Likoud (droite), le parti dirigé par Benjamin Netanyahou.

Engagé dans une course contre la montre, Benjamin Netanyahou peine à mettre un point final aux tractations avec ses principaux partenaires pour constituer un gouvernement avant l'arrivée mercredi prochain du président américain Barack Obama.

Les discussions conduites par Benjamin Netanyahou avec Yaïr Lapid, dirigeant du parti centriste Yesh Atid, grand vainqueur du scrutin de janvier (19 élus), et Naftali Bennett, leader du Foyer juif, parti nationaliste religieux qui a lui aussi réalisé une percée (12 députés), achoppent notamment sur l'attribution du portefeuille de l'Education, selon les médias.

Selon des représentants de Yaïr Lapid, «la crise pour la formation de la coalition ne se résume pas à une lutte pour des portefeuilles. C'est une bataille sur la nature de la société israélienne». «Nous insistons pour obtenir le ministère de l'Education afin de changer la nature de l'Etat», ont ajouté ces responsables.

«Yaïr Lapid ne cédera pas sur ses engagements, quitte à ce que Yesh Atid se retrouve dans l'opposition», ont également averti ces sources.

Naftali Bennett a également rejeté l'ultimatum de Benjamin Netanyahou à Yaïr Lapid. «Arrêtez tout cela, cela ne marchera pas, il faut faire des concessions», a plaidé Naftali Bennett en s'adressant aux dirigeants du Likoud sur sa page Facebook.

Benjamin Netanyahu s'est discrètement entretenu mardi soir avec Naftali Bennett mais aussi des représentants du parti ultra-orthodoxe Shass jusqu'à présent écarté des négociations gouvernementales, rapportent les médias.

Benjamin Netanyahou a entamé dimanche l'ultime semaine pour parvenir à un accord de coalition avant la visite historique de Barack Obama en Israël du 20 au 22 mars. A l'issue d'une première période de quatre semaines, il a obtenu un deuxième et dernier délai du président Shimon Peres afin de présenter son nouveau cabinet avant le 16 mars, faute de quoi le chef de l'Etat pourrait choisir un autre candidat pour tenter de constituer une majorité.

Selon les médias, l'incontournable Yaïr Lapid, ex-journaliste vedette de la TV, insiste pour obtenir le ministère de l'Education, que Benjamin Netanyahou souhaite réserver à l'actuel titulaire, Gidéon Saar, considéré comme un de ses proches.

Les âpres négociations porteraient également sur le futur titulaire du portefeuille de l'Intérieur que se disputent aussi Yesh Atid et le Likoud.

Yaïr Lapid avait obtenu l'exclusion des représentants des partis religieux ultra-orthodoxes, le Shass sépharade (11 élus) et le Judaïsme Unifié de la Torah (JUT, ashkenaze, 7 députés).

Ces derniers ont longtemps joué le rôle de faiseurs de roi dont l'appui était indispensable à toute majorité. Le Shass a été de tous les gouvernements depuis 1984 à l'exception de brefs intervalles.

Benjamin Netanyahou considérait jusqu'à présent ces formations comme des «alliés naturels». Mais le Premier ministre n'est pas parvenu jusqu'à présent à les rallier cette fois-ci en raison de leur opposition résolue à la conscription des jeunes juifs ultra-orthodoxes réclamée à la fois par Yaïr Lapid et Naftali Bennett.