L'Afrique du Sud reste à la merci des coupures de courant

© 2013 AFP

— 

Avec son électricité parmi la moins chère au monde, l'Afrique du Sud a connu avant 2008 des illuminations dignes du château de Versailles. Cinq ans plus tard, les tarifs ont explosé, le pays investit tous azimuts et se met aux économies d'énergie mais la première économie africaine reste à la merci des coupures de courant.
Avec son électricité parmi la moins chère au monde, l'Afrique du Sud a connu avant 2008 des illuminations dignes du château de Versailles. Cinq ans plus tard, les tarifs ont explosé, le pays investit tous azimuts et se met aux économies d'énergie mais la première économie africaine reste à la merci des coupures de courant. — Rodger Bosch AFP

Avec son électricité parmi la moins chère au monde, l'Afrique du Sud a connu avant 2008 des illuminations dignes du château de Versailles. Cinq ans plus tard, les tarifs ont explosé, le pays investit tous azimuts et se met aux économies d'énergie mais la première économie africaine reste à la merci des coupures de courant.

Le 1er avril, les prix de l'électricité, qui ont déjà triplé depuis 2008, devraient encore s'alourdir en moyenne de 8%, une hausse impopulaire précédée par des mois de débats acharnés et de pressions politiques contradictoires.

D'un côté, certains accusent ces hausses de tarifs à répétition et supérieures à l'inflation de menacer la survie des entreprises et de pousser les ménages pauvres à se rabattre sur des énergies dangereuses pour se chauffer ou cuisiner, bougies, bois, charbon, pétrole lampant.

De l'autre, «le réseau électrique est actuellement très tendu», souligne la compagnie électrique publique Eskom qui a besoin d'argent pour construire de nouvelles centrales et tourne à la limite de ses possibilités.

«Si Medupi --la prochaine grande centrale à charbon en chantier à 350 km de Johannesburg-- prend encore du retard et que la consommation augmente, alors nous aurons de gros, gros problèmes», explique à l'AFP le Professeur Anton Eberhard, expert et chercheur à l'université du Cap.

«Dans un proche avenir, je ne pense pas que nous aurons un nouveau black-out. C'est une possibilité très éloignée mais ce ne serait pas honnête de vous dire qu'il n'y a pas de craintes. Dans les secteurs énergivores, la faible marge de réserve d'Eskom inquiète», indique Kgatlaki Ngoasheng, directeur économique de l'association patronale Busa.

En janvier 2008, les délestages calamiteux avaient atteint de telles proportions que le président Thabo Mbeki avait dû présenter ses excuses aux Sud-Africains, exaspérés par des semaines de circulation automobile cauchemardesque, faute de feux, et de coupures quotidiennes affectant les particuliers, mais aussi les mines et les usines. Il avait aussi averti: «L'époque d'une électricité très bon marché et abondante est terminée».