Conclave: Les cardinaux bientôt enfermés pour désigner le nouveau pape

RELIGION La journée de ce mardi est rythmée par différents rituels avant la réunion à huis-clos des cardinaux électeurs, qui désigneront l'un d'entre eux pour succéder à Benoît XVI...

A Rome, Anne-Laëtitia Béraud

— 

Chapelle Sixtine, Rome, 12 mars 2013.
Chapelle Sixtine, Rome, 12 mars 2013. — AP/SIPA

De notre envoyée spéciale à Rome,

«Aujourd’hui, nous voulons implorer le Seigneur (…) de trouver rapidement un bon Pasteur à la sainte Eglise», a déclaré le cardinal italien Angelo Sodano pendant l’homélie de la messe «pro eligendo» qui se tient à la basilique Saint-Pierre de Rome ce mardi. Cette messe solennelle, retransmise par de nombreuses chaînes de télévision du monde entier, se déroule quelques heures avant la réunion à huis-clos des cardinaux électeurs qui donneront un successeur à Benoît XVI. Un pape longuement applaudi par les cardinaux durant la messe de ce matin.

>> Le conclave en direct et en live ce mardi, c'est à lire et voir par ici

Avant la réunion à huis-clos, la journée de ce mardi est rythmée par de nombreux rituels. Ce matin très tôt, les cardinaux ont rejoint la maison Sainte-Marthe, au Vatican, une maison sécurisée et coupée du monde où ils résideront durant toute la durée de l’élection du pape. Après la grande messe de ce matin, le temps fort de cet après-midi est la grande procession des cardinaux qui entreront dans la chapelle Sixtine.

Le pape Benoît XVI longuement applaudi

Après être tous entrés dans ces célèbres lieux, le maître des cérémonies lancera le «Extra Omnes» («Tous dehors»). Tous ceux qui ne votent pas devront partir de la chapelle Sixtine. Les lourdes portes de ce lieu seront fermées et des scellés posés. Le conclave débutera alors. Un premier vote sera organisé, et, si aucun nom ne reçoit la majorité des deux tiers des suffrages, soit 77 voix, de nouveaux votes seront organisés les jours suivants.

Sous la pluie battante qui inonde la place Saint-Pierre, des centaines de pèlerins ont assisté, grâce aux grands panneaux vidéos déployés devant la basilique, à la messe solennelle du matin. Deux heures de retransmission suivies cahin-caha par Jeanne-Marie et Philippe, un couple de Versaillais, qui alterne entre la place et les colonnes, un peu plus abritées des intempéries. Paolo et Marco, deux carabiniers romains, font eux des tours à pieds pour voir si tout se passe bien…avant de se réfugier à l'approche de la pluie, comme les pèlerins, dans les boutiques d’articles religieux plus ou moins décatis bordant la rue qui mène à la place Saint-Pierre.

Pas d'ultra-favori au trône de Saint-Pierre

Quant à la propriétaire des célèbres glaces Giolitti, dans le centre de Rome, elle affirme à 20 Minutes que si les plaisirs de la bouche sont en hausse avec l’arrivée des pèlerins, quelques degrés de plus tenteraient beaucoup plus les palais. «La météo fait beaucoup pour notre activité. Mais avec le conclave, les pèlerins se feront surtout plaisir après l’annonce du nouveau pape !», rit-elle.

>> Qui pour succéder à Benoît XVI? A voir en images par là

Et dans les pronostics sur le nom du nouveau pape, le cardinal italien Angelo Scola, 70 ans, archevêque de Milan, tient toujours la rampe parmi les Européens. Sa candidature est notamment soutenue par le cardinal de Bologne Carlo Caffarra, qui œuvre durant des réunions informelles à rassembler le camp des Italiens derrière le nom de Scola. D’après le quotidien Il Corriere della Sera, ce dernier pourrait recevoir, dès le premier tour de scrutin, de 30 à 50 votes.

Mais le Canadien Marc Ouellet, l’archevêque de New York Timothy Dolan, ou encore le Brésilien Odilo Pedro Scherer, soutenu par une partie de la Curie romaine, ont également leurs partisans. Sans ultra-favori, les cardinaux pourraient rester quelques heures de plus à voter. Mais tous sont unanimes: mettre trop de temps à désigner un nouveau pape serait un mauvais signe adressé par l’Eglise à la communauté des fidèles.