Vatican: La presse italienne relance le «Vatileaks»

RELIGION Alors que la date du conclave se fait toujours attendre, la presse italienne relance le «Vatileaks»...

A.-L.B. avec AFP
— 
Illustration du Vatican, avec la basilique Saint-Pierre, le 7 mars 2013.
Illustration du Vatican, avec la basilique Saint-Pierre, le 7 mars 2013. — A. Tarantino/AP/SIPA

Alors que les réunions «pré-conclaves» battent leur plein au Vatican, la presse italienne a relancé l'affaire Vatileaks, du nom du scandale des fuites du Vatican. Le quotidien La Repubblica a ainsi fait parler une «gorge profonde» présentée comme un prélat ou un prêtre. Cette source réaffirme des éléments déjà parus dans la presse sur l'existence d'une vingtaine d'hommes et de femmes du Vatican, laïcs et prélats, qui auraient contribué à alimenter la fuite de documents «Vatileaks» en 2012.

Lors du procès du majordome de Benoît XVI, Paolo Gabriele, en octobre, la thèse d'un homme ayant agi seul avait été retenue par la justice vaticane. Ce majordome, condamné, avait été par la suite gracié par le souverain pontife.

Source anonyme haut placée

L'interview de cette personne anonyme dans La Repubblica, dont l'authenticité et la capacité à parler des secrets du Vatican est à démontrer, intervient au moment même où le rapport des trois cardinaux à la retraite sur «Vatileaks», resté confidentiel et destiné au successeur de Benoît XVI, a vraisemblablement été évoqué dans les «congrégations», ces réunions «pré-conclave».

Le quotidien La Stampa affirme qu'un prélat a demandé les noms de deux laïcs impliqués dans la fuite de documents, qui seraient contenus dans le rapport secret. Il se serait vu opposé une fin de non recevoir par les cardinaux de Curie, Angelo Sodano et Tarcisio Bertone, qui organisent les travaux.

«Lobby gay» évoqué

Déjà La Repubblica avait sorti, juste après la renonciation du pape, des pseudo-révélations sur «un lobby gay» au Vatican, qui a vigoureusement démenti. La source anonyme affirme que certains de ceux qui ont aidé Gabriele se trouvent dans la hiérarchie du Vatican et dit connaître des noms de prélats et de laïcs du prétendu «lobby gay», qui serait évoqué dans le rapport.

Selon cette source, Benoît XVI «n'a pas démissionné en raison de l'affaire Vatileaks ni en raison de pressions». Mais «sa démission a été un défi pour que soit réalisé ce qu'il n'a pas réussi à faire: une Eglise libre, forte et transparente».

Scandale de la pédophilie

Au Vatican, on relevait le caractère anonyme et non vérifié de toutes ces informations, qui surviennent à un moment crucial pour l'Eglise.

Par ailleurs le lourd scandale de la pédophilie dans l'Eglise continue de peser sur ces réunions «pré-conclave» des cardinaux. L'organisation américaine d'anciennes victimes de prêtres pédophiles SNAP a dressé la liste de douze cardinaux qu'elle qualifie de «salopards», qui, selon elle, ne doivent pas devenir papes. Sans que rien de délictueux ne leur soit attribué, ils se voient reprocher des propos défendant l'Eglise, le clergé et Benoît XVI au long de ces dernières années.