Alckmin, un gestionnaire social-démocrate apprécié du monde des affaires

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Le principal adversaire de Lula sera l'ancien gouverneur de l'Etat de Sao Paulo, Geraldo Alckmin, du Parti de la social démocratie brésilienne (PSDB, centre gauche) de l'ancien président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002).
Le principal adversaire de Lula sera l'ancien gouverneur de l'Etat de Sao Paulo, Geraldo Alckmin, du Parti de la social démocratie brésilienne (PSDB, centre gauche) de l'ancien président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002). — Alexandre Mota AFP/Archives

Geraldo Alckmin, ex-gouverneur de l'Etat de Sao Paulo, le plus peuplé et le plus industrialisé du Brésil, a bénéficié de sa réputation de bon gestionnaire pour devenir le candidat de l'opposition libérale contre Lula.
Connu pour sa persévérance, mais sans grand charisme, cet ancien médecin anesthésiste à l'allure tranquille a pâti au début de sa campagne de la vague de violences provoquée par le crime organisé dans son Etat de Sao Paulo au mois de mai.
Sa progression a été lente dans les sondages. L'apparition du scandale du dossier anti-opposition mettant en cause l'entourage de Lula, quinze jours avant le scrutin, a donné un nouvel élan à sa campagne.
En mars, les milieux financiers et industriels avaient applaudi à la nomination de ce libéral convaincu à la candidature par le Parti de la social-démocratie du Brésil (PSDB), la formation politique de Fernando Henrique Cardoso, prédécesseur de Lula à la présidence (1995-2002)
Ils le préféraient nettement à un autre poids lourd du PSDB, José Serra, ex-maire de Sao Paulo, candidat malheureux contre Lula en 2002, bon gestionnaire aussi, mais réputé moins libéral.
Alckmin n'est pas l'homme des envolées lyriques. La presse l'a affublé du surnom de "xuxu" (prononcer "chouchou"), un légume cucurbitacée sans grande saveur, répandu dans les zones tropicales d'Amérique.
Mais l'homme est têtu. Il s'est imposé auprès des caciques du parti avec une détermination qui a surpris son concurrent. C'est un politicien quasiment invaincu depuis son entrée dans la carrière politique, en 1972, dès l'âge de 19 ans. Il n'a perdu qu'une seule élection, celle de la mairie de Sao Paulo, en 2000, contre Marta Suplicy du PT.
Il a successivement été maire de sa ville natale, député de l'Etat de Sao Paulo, député fédéral, vice-gouverneur, puis gouverneur.
Marié avec Maria Lucia, père de trois enfants et grand-père d'un petit garçon, il est né le 7 novembre 1952, à Pindamonhangaba, à 140 km de Sao Paulo, une ville passée en 50 ans de 30.000 à 140.000 habitants.
Fils d'un ex-séminariste franciscain, Alckmin a toujours été très pieux. Les images de Notre-Dame d'Aparecida, la patronne du Brésil étaient partout présentes au Palais des Bandeirantes, siège du gouvernement pauliste. Réputé proche de l'Opus Dei, il a donné le nom d'une rue de sa ville à Josemaria Escriva de Balaguer, fondateur de l'institution.
Geraldo Alckmin a mis du temps à décoller dans les sondages. Il est crédité de 36% des suffrages exprimés au premier tour, contre 52% à Lula, selon un sondage publié dimanche.
"Son langage est loin du quotidien des gens. Pendant que Lula parle des problèmes dentaires des pauvres ou des femmes battues, Alckmin parle de choc de gestion", selon un analyste de l'Université de Sao Paulo, Rubens Figueiredo.
Mais depuis l'éclatement du scandale du dossier anti-opposition monté par des proches de Lula, les choses ont changé : le ton reste tranquille, mais la voix est plus incisive.
"Il est évident qu'il y aura un second tour", assure-t-il car "il n'est pas possible de croire que le président ne savait pas". Et de dénoncer pêle-mêle l'impunité, la bande des "quarante voleurs", une allusion aux quarante personnalités poursuivies par le Ministère public après le scandale de 2005 sur l'achat de votes de députés, ou d'évoquer la perspective d'une destitution de Lula.
"Le gouvernement du Parti des travailleurs vit de l'utilisation de l'argent public. Un gouvernement sérieux ne fait pas appel à la corruption. Avec moi tout cela va changer", assure-t-il.