Mali: Des enfants soldats sur la ligne de front

CONFLIT Un grand nombre d’enfants aurait été recruté, voire «enlevé», puis entraîné et armé par Aqmi. Ils sont assez lourdement endoctrinés et sont aussi utilisés pour faire du renseignement...

Bérénice Dubuc

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Des soldats français près de Douentza (Mali), le 7 février 2013.
Des soldats français près de Douentza (Mali), le 7 février 2013. — D.LEWIS / REUTERS

Des enfants parmi les combattants d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). C’est la découverte étonnante qu’ont fait des militaires français, selon l’envoyé spécial d'Europe 1 au Mali, Didier François, qui se trouve dans la vallée d'Ametetai, aux cotés de l'armée.

Les parachutistes français  patrouillaient dans le sanctuaire d'Aqmi, l'Adrar des Ifoghas, lorsqu’ils sont tombés sur quatre djihadistes. Ces derniers étaient en embuscade depuis  «deux ou trois jours, chargeur engagé, la cartouche en chambre», à attendre que le convoi français passe, a raconté le capitaine Marty au micro d'Europe 1.

Utilisés pour faire du renseignement

Mais la patrouille les a repérés, et abattu l'un des djihadistes. Les trois autres se sont rendus. A la grande surprise des militaires français, deux d’entre eux sont des enfants d'une quinzaine d'années, des enfants soldats. Un grand nombre d’enfants aurait été recruté -ce «qu'on pourrait traduire par “enlevé“», affirme le colonel Desmeulles- puis entraîné et armé par Aqmi. «Ces enfants sont endoctrinés assez lourdement. Ils ont été entraînés pour tenir des armes qui sont parfois aussi grandes qu'eux», a raconté Didier François. Ils sont aussi utilisés pour faire du renseignement pour les combattants d'Aqmi.

Les enfants soldats faits prisonniers ont été examinés par un médecin et évacués vers le quartier général, puis doivent être remis à la Croix-Rouge internationale. L’armée française a fait venir un haut-parleur, où les nombreux enfants-soldats de la région sont appellés à se rendre en arabe, en tamachek, la langue touareg, et en français.