Procès du «policier cannibale»: La défense joue la carte du fantasme

ETATS-UNIS Accusé de de vouloir enlever des femmes pour les manger, Gilberto Valle a choisi de ne pas témoigner...

P.B. avec AFP

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Gilberto Valle, surnommé le «policier cannibale» par la presse américaine, est accusé d'avoir voulu enlever des femmes pour les manger.
Gilberto Valle, surnommé le «policier cannibale» par la presse américaine, est accusé d'avoir voulu enlever des femmes pour les manger. — AP / SIPA

Le procès du «cannibal cop» touche à sa fin. Surnommé ainsi par la presse américaine, l'ex-policier Gilberto Valle et ses avocats tentent de convaincre un jury qu'il n'a jamais eu l'intention d'enlever et de cuisiner des femmes, et que ses écrits forts détaillés n'étaient qu'un «jeu de rôles». Le point sur l'affaire.

Gilberto Valle ne témoignera pas

Après huit jours consacrés à l'accusation, le défense a contre-attaqué, mardi matin. Mais l'accusé, âgé de 28 ans, a finalement choisi de ne pas témoigner. «Parfois, il vaut mieux se taire plutôt que de prendre le risque de s'enfoncer lors de du contre-interrogatoire par la partie civile», explique à 20 Minutes l'ancien procureur californien Michael Cardoza. L'avocat de Gilberto Valle va s'appuyer sur d'autres témoins et sur le dossier de l'accusation pour tenter de semer le doute dans l'esprit du jury composé de six hommes et six femmes.

La carte du fantasme

Mardi, la défense a interrogé Sergey Merenkov, l'administrateur d'un site fétichiste hébergé en Russie auquel participait Gilberto Valle. Il a expliqué que l'ex-policier n'était que l'un des 4.500 membres du site, souvent engagés dans des «jeux de rôles» poussés. «Une femme peut se faire passer pour une sorcière que 10 villageois s'apprêtent à pendre et écrire "Je tremble de peur. Ils tirent sur le nœud. Je sens la corde serrer ma gorge"», a-t-il dit, concluant: «La réalité et le fantasme sont deux choses différentes».

Le témoignage de sa femme

C'est la femme de Gilberto Valle qui a prévenu les autorités après avoir découvert des emails compromettants. Kathleen Mangan-Valle, 27 ans, a raconté qu'elle avait découvert, peu après la naissance de leur fille, que son mari fréquentait des sites internet fétichistes morbides, et qu'il voulait «manger de la chair humaine». Elle a expliqué qu'elle avait alors décidé de quitter le domicile conjugal avec son bébé, après avoir découvert des photos particulièrement horribles sur son ordinateur. «La fille sur la première page était morte», a-t-elle expliqué. Un autre site fréquenté par son mari montrait des «pieds qui n'étaient pas attachés à des corps». La jeune mère a ensuite réalisé que son mari avait échangé «des milliers de mails» avec d'autres partageant ses fantasmes sexuels morbides, et échangé des photos de personnes qu'elle connaissait. «Tout à coup, j'ai vu des photos de moi, des photos d'amies», a-t-elle dit, racontant que son mari avait évoqué en ligne l'idée de la torturer et de l'égorger. Il a encore écrit qu'il voulait «faire cuire» des femmes «au four, à basse température».

Le dossier du FBI

Selon l'acte d'accusation, il avait évoqué avec un complice «l'enlèvement de femmes pour les cuisiner et manger des parties de leur corps» et monté un «dossier» qui comptait une centaine de femmes, avec à chaque fois leur nom et une photographie, et parfois leur adresse. Gilberto Valle aurait notamment utilisé des fichiers de la police pour établir cette liste. Mais son avocate a souligné que le FBI avait mis plus d'un mois avant d'interpeller Valle après les révélations de sa femme, et que le coffre de sa voiture n'avait même pas été fouillé. Selon l'avocate, cela suggère que la police ne prenait pas au sérieux le risque d'un passage à l'acte.

La dimension internationale

Lundi, la police britannique a arrêté deux personnes de 30 et 57 ans, accusées d'être des complices de Valle et d'avoir «conspiré» avec lui pour mettre ses plans à exécution.