La France fait ses premiers prisonniers au Mali

Alexandre Sulzer

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Des soldats français près de Douentza (Mali), le 7 février 2013.
Des soldats français près de Douentza (Mali), le 7 février 2013. — D.LEWIS / REUTERS

La situation est inédite depuis le début de l’opération Serval: l’armée française a fait ses premiers prisonniers lundi et dans la nuit de lundi à ce mardi. L’information a été confirmée à 20 Minutes par l’état-major des armées. Une «demi-dizaine» de combattants ennemis se sont soit rendus spontanément aux soldats français, «les mains en l’air», soit après avoir été découverts. Ces arrestations se sont déroulées dans la vallée d’Ametettaï, contrôlée par les forces franco-tchadiennes et dans laquelle se déroulent des opérations de fouille. Jusqu’alors, les combattants djihadistes ne se rendaient pas et préféraient mourir au combat, voire se suicider.

Les prisonniers sont actuellement débriefés à Tessalit: leur identité est en train d’être déterminée. Une vérification qui peut prendre du temps car il faut recouper les informations. Reste à définir leur statut. Même si l’opération Serval n’est pas juridiquement parlant une guerre, l’armée française dit appliquer le droit des prisonniers de guerre aux détenus. L’objectif est de les «transférer le plus vite possible» aux mains de la justice malienne.

Si ces prisonniers sont impliqués d’une façon ou d’une autre dans l’enlèvement des otages français –ce qui semble assez hypothétique car ils ont le profil de simples exécutants– «on peut estimer» que la justice française souhaite les auditionner ou demande leur extradition.