Les observateurs occidentaux bannis des élections au Zimbabwe

Avec Reuters

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Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, n'invitera pas les observateurs occidentaux au référendum sur la nouvelle Constitution prévu le 16 mars prochain, ni aux élections législatives qui suivront, a annoncé un média d'Etat ce mardi.

L'adoption de la Constitution doit ouvrir la voie à des élections qui mettraient un terme à quatre ans de partage du pouvoir entre Robert Mugabe, 89 ans, et son Premier ministre et rival politique Morgan Tsvangirai. Le ministre des Affaires étrangères Simbarashe Mumbengegwi a déclaré au quotidien gouvernemental The Herald que le pays interdirait la venue d'observateurs américains et européens en raison des sanctions qui pèsent sur Robert Mugabe et son entourage, soupçonnés de violations des droits de l'homme.

«Pour être un observateur, il faut être objectif. Lorsque vous imposez des sanctions à un parti, votre objectivité part en fumée,» a déclaré le ministre, qui est chargé des invitations et des accréditations des observateurs étrangers. «Je ne vois pas pourquoi ils seraient invités alors qu'ils ne nous ont jamais invités à contrôler (leurs scrutins).»

Cette décision pourrait déclencher de nouveaux litiges au sein d'une coalition déjà chancelante. Le Mouvement pour le changement démocratique de Morgan Tsvangirai a déclaré qu'il s'opposerait à la sélection d'observateurs par le ZANU-PF, le parti du président Mugabe. Ce dernier, au pouvoir depuis 33 ans, est en lice pour un nouveau mandat.