La croisade anti-Lula d'Heloísa Helena

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A l'inverse, la candidate du Parti socialisme et liberté (PSOL, extrême gauche), Heloisa Helena, créditée de 9,3 à 11% des voix, effectue une percée remarquée.
A l'inverse, la candidate du Parti socialisme et liberté (PSOL, extrême gauche), Heloisa Helena, créditée de 9,3 à 11% des voix, effectue une percée remarquée. — Evaristo Sa AFP/Archives

C'est la surprise de la présidentielle brésilienne. La sénatrice Heloísa Helena, 44 ans, première femme candidate, récolte 10 % d'intentions de vote à quelques jours du scrutin. Ses diatribes contre la corruption font mouche. En 2003, le Parti des travailleurs du président Lula – son parti de coeur durant vingt ans – la vire pour indiscipline. Elle fonde alors le Parti solidarité et liberté (extrême gauche). Malgré des moyens vingt fois inférieurs à ceux de ses adversaires, Lula et Alckmin (social-démocrate, opposition), la candidate refuse les dons d'entreprises ou de banques.

A travers le Brésil, cette ancienne infirmière prêche sa « plus belle déclaration d'amour à l'humanité » : son idéal socialiste. Sa voix est enrouée, sa silhouette amaigrie. Jamais à court d'arguments, d'anecdotes, elle dénonce les injustices jusqu'aux larmes. Ses rivaux ? Deux « larbins du grand capital ». Ses propos n'épargnent surtout pas « sa majesté barbue », Lula, le « gangster » qui a trahi les siens. Contre le « néolibéralisme » auquel celui-ci aurait cédé, elle entend réduire de moitié les taux d'intérêts, doper la réforme agraire, réformer l'Education et la Santé. Fidèle à son poste d'inquisitrice, elle assiste aux commissions d'enquêtes parlementaires. Estimée pour son courage et son honnêteté, Heloísa Helena incarne le vote contestataire. A trois jours du scrutin, elle ne pense qu'à la victoire. Sans craindre de retourner enseigner à la faculté d'Alagoas, l'un des Etats les plus pauvres du Brésil. « Je sais que mes collègues m'attendront avec des fleurs, des baisers et des gâteaux. »

Au Brésil, Charlotte Valade