Uhuru Kenyatta en tête de l'élection présidentielle au Kenya

Avec Reuters

— 

Uhuru Kenyatta, fils du «père de l'indépendance» Jomo Kenyatta, était en tête de la présidentielle kényane mardi, selon les résultats provisoires communiqués au lendemain d'un scrutin marqué par un regain de violences.
D'après les premiers résultats provisoires dévoilés un peu avant 9h (07h à Paris) après dépouillement de 3,8 millions de bulletins, le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta, qui fait l'objet d'une inculpation de la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle d'instigateur des violences de 2007, devance par 54% des suffrages son rival Raila Odinga, l'actuel Premier ministre, qui recueille 41% des voix.

Selon la commission électorale, la participation a dépassé les 70%, ce qui signifie qu'au moins 10 millions de bulletins restent à comptabiliser, le corps électoral comptant 14,3 millions de personnes. La commission, qui dispose de sept jours pour proclamer les résultats officiels, n'a pas donné d'indication sur le nombre des suffrages exprimés.

Plusieurs anomalies

Elle a indiqué que la fin du décompte n'interviendrait pas avant mercredi. Si Kenyatta échoue à remporter plus de 50% des suffrages, un second tour devra être organisé en avril pour le départager de son rival. William Ruto, colistier de Kenyatta et également accusé de crimes contre l'humanité par la CPI, a déclaré à la fermeture des bureaux de vote que le scrutin s'était déroulé de manière «libre, juste et fiable», tout en saluant l'avance de Kenyatta.

L'alliance CORD, qui soutient Odinga et avait soulevé des interrogations sur les préparatifs du vote, a fait savoir mardi qu'elle pourrait remettre en cause les résultats. Frank Bett, membre de l'alliance CORD, a souligné plusieurs anomalies à l'issue du scrutin. Il a fait remarquer notamment que l'élection s'était poursuivie dans un bureau plusieurs heures après la clôture officielle du vote, et que des électeurs avaient déposé plus d'un bulletin à certains endroits.

«Nous estimons que cela compromet la crédibilité du processus», a-t-il déclaré. La commission électorale a reconnu que le secrétaire d'un bureau de vote avait été surpris en train de distribuer des bulletins supplémentaires, mais elle a assuré que l'élection n'avait globalement pas rencontré de problème majeur.

L'élection a cependant été marquée par un regain de violences dans la nuit de dimanche à lundi. Deux attaques séparées et non revendiquées se sont déroulées dans la région côtière du Kenya, connue pour ses violences, faisant au moins quinze morts.