Mali: Abou Zeid a été tué par des soldats tchadiens, confirme Idriss Déby

TERRORISME Abou Zeid a été tué il y a quelques jours, lors d'une opération combinant bombardements aériens et offensive au sol...

Bérénice Dubuc avec Reuters

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Image tirée d'une vidéo publiée le 25 décembre 2012 par Sahara Media, montrant l'émir d'Aqmi, Abdelhamid Abou Zeid. Le djihadiste aurait été tué par les forces français dans l'extrême Nord du Mali, a indiqué la télévision algérienne Ennahar TV le 28 février 2013.
Image tirée d'une vidéo publiée le 25 décembre 2012 par Sahara Media, montrant l'émir d'Aqmi, Abdelhamid Abou Zeid. Le djihadiste aurait été tué par les forces français dans l'extrême Nord du Mali, a indiqué la télévision algérienne Ennahar TV le 28 février 2013. — AFP PHOTO / SAHARA MEDIA

Des soldats tchadiens ont abattu Abdelhamid Abou Zeid, émir d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), lors d'affrontements dans le nord du Mali, a annoncé ce vendredi le président tchadien Idriss Deby. Depuis jeudi, l'incertitude régnait autour de la mort d'Abou Zeid, annoncée par plusieurs médias.

«Ce sont les forces tchadiennes qui ont tué deux chefs djihadistes, dont Abou Zeid», a déclaré  Idriss Deby à des hommes politiques de l'opposition, en présence de journalistes, à l'issue d'une cérémonie d'obsèques pour des soldats tchadiens tombés au combat. Des troupes tchadiennes sont engagées, de concert avec les forces françaises de l'opération Serval, dans le nord du Mali où elles affrontent les groupes islamistes qui, jusqu'à début janvier, tenaient la partie septentrionale de ce pays.

Tests ADN

Abou Zeid aurait été tué il y a quelques jours -probablement en début de semaine- lors d'une opération combinant bombardements aériens et offensive au sol, dans les contreforts du massif de l'Adrar des Ifoghas, dans l'extrême nord-est du Mali, le «sanctuaire» des djihadistes. C'est l’un des terroristes capturés qui aurait appris aux militaires qu’Abou Zeid figurait parmi les victimes.

Ce vendredi, la porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem, a déclaré que l'annonce de la mort d'Abdelhamid Abou Zeid était «à prendre au conditionnel», en l'absence de «confirmation officielle». «Nous n'avons pas de confirmation officielle, (...) ni confirmation, ni infirmation», a-t-elle dit. Cependant, des tests ADN ont été pratiqués en Algérie sur deux membres de la famille d'Abou Zeid, afin de tenter de confirmer son identité, rapportent le quotidien algérien El Khabar et la radio française RFI, qui cite une source proche des renseignements français.

Les comparaisons ADN effectuées confirment qu'il s'agit bien d’Abou Zeid, selon les informations de M6, qui cite une source militaire française. 

L'un des chefs les plus cruels d’Aqmi

Abou Zeid, Mohamed Ghedir de son vrai nom, est l’émir des zones sud contrôlées par Aqmi. Agé de 46 ans et originaire de la localité de Debdeb, à la frontière algéro-libyenne, cet ancien trafiquant devenu djihadiste a rejoint le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), ancêtre d'Aqmi, durant la guerre civile des années 1990. Abou Zeid est apparu pour la première fois en 2003 comme adjoint d'Abderrezak Le Para, ex-numéro deux du GSPC lors du spectaculaire enlèvement de 32 touristes européens dans le grand sud algérien.

Jugé par contumace à Alger en janvier 2012, il a été condamné à la perpétuité. Parmi ses onze co-accusés se trouvaient cinq membres de sa famille qui ont chacun écopé de 10 ans de prison pour constitution de groupe armé international.

Décrit comme un homme de petite taille, à la barbe grise et à l'allure calme mais stricte, toujours armé d'une kalachnikov, Abou Zeid est considéré comme l'un des chefs les plus cruels d’Aqmi. On lui attribue l'enlèvement d'une vingtaine d'Occidentaux dans le Sahara ces cinq dernières années, et on estime qu'il a procédé à deux exécutions: celle du Britannique Edwin Dyer en 2009 et celle en 2010 du Français Michel Germaneau. Robert Fowler, un diplomate canadien qui fut otage au Sahara, a raconté comment Abou Zeid avait refusé de fournir des médicaments à deux otages souffrant de dysenterie, dont l'un avait été piqué par un scorpion.

Lorsque les groupe sislamistes contrôlaient le nord du Mali en 2012, Abou Zeid a régné de longues semaines sur Tombouctou, mettant en oeuvre une forme de charia extrême avec amputations et détruisant des lieux saints soufis. Il aurait quitté la ville juste avant l'arrivée des forces françaises fin janvier.