Italie: Bersani continue de refuser une alliance avec la droite

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Le chef de la gauche italienne Pier Luigi Bersani a persisté vendredi dans son refus d'une alliance avec la droite de Berlusconi pour gouverner, annonçant un programme sur lequel il appellera les autres partis à se prononcer, y compris le mouvement protestataire de Beppe Grillo.
Le chef de la gauche italienne Pier Luigi Bersani a persisté vendredi dans son refus d'une alliance avec la droite de Berlusconi pour gouverner, annonçant un programme sur lequel il appellera les autres partis à se prononcer, y compris le mouvement protestataire de Beppe Grillo. — Alberto Pizzoli AFP

Le chef de la gauche italienne Pier Luigi Bersani a persisté ce vendredi dans son refus d'une alliance avec la droite de Berlusconi pour gouverner, annonçant un programme sur lequel il appellera les autres partis à se prononcer, y compris le mouvement protestataire de Beppe Grillo.

«Appelez-le gouvernement minoritaire, gouvernement d'objectifs, moi je l'appelle gouvernement de changement», a dit dans une interview au journal de gauche La Repubblica le patron du Parti démocrate en évoquant le programme «en sept ou huit points» qu'il soumettra mercredi à la direction de son parti puis au président Giorgio Napolitano, chargé de désigner le prochain président du Conseil.

Fin de non recevoir de Beppe Grillo

En raison d'un système électoral complexe et différent dans les deux chambres du parlement, l'Italie est dans une impasse politique depuis les législatives du week-end avec un centre-gauche largement majoritaire à la Chambre des députés mais qui ne dispose que d'une majorité relative (très loin de la majorité absolue) au Sénat. Les trois principales forces sont dans l'ordre la gauche de M. Bersani, le PDL-Ligue du Nord de SilvioBerlusconi et le Mouvement Cinq Etoiles de Beppe Grillo, qui s'est adjugé un quart des voix.

Pier Luigi Bersani avait déjà évoqué cette semaine un programme a minima contenant des thèmes chers au Mouvement Cinq Etoiles de l'ex-comique Grillo, comme des coupes dans les coûts de la politique (nombres d'élus, financements des partis) et des aides aux chômeurs et travailleurs précaires.

Mais Beppe Grillo lui a opposé une fin de non recevoir, accusant Pier Luigi Bersani de «harceler politiquement» ses militants et ses élus au parlement et le traitant de «mort vivant».

La gauche «demandera au parlement la confiance à qui souhaite la voter»

Pier Luigi Bersani a maintenu sa proposition dans l'interview à La Repubblica, l'étendant à toutes les formations présentes au parlement, y compris le PDL de Silvio Berlusconi. Il a souligné que, sur la base de son programme, la gauche «demandera au parlement la confiance à qui souhaite la voter».

Le programme qu'il a détaillé à La Repubblica prévoit: une réorientation de la politique européenne axée sur l'austérité pour la recentrer sur la croissance, le «malaise social» qu'il faut traiter en augmentant les aides étatiques, les coûts de la politique à réduire (réduction de moitié du nombre de parlementaires, baisse des salaires), développement durable et économie verte.

En échange d'un appui extérieur,  Pier Luigi Bersani n'a pas exclu que soient offertes au M5S et au PDL des fonctions à la tête de l'une ou l'autre des chambres: «Sur les rôles institutionnels, nous sommes prêts à examiner tous les scénarios», a affirmé Pier Luigi Bersani.