Législatives en Italie: Le centre gauche en tête à la chambre basse, le Sénat pour le centre droit?

ELECTIONS La formation de Pier Luigi Bersani est en tête à la chambre basse selon des sondages de sortie d'urnes, mais serait devancée au Sénat par la coalition Berlusconi, selon des projections...

B.D. avec agences

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Le nouveau chef de file de la gauche italienne pour les législatives du printemps 2013, Pierluigi Bersani, lors de son vote pour le deuxième tour de la primaire du Parti démocrate, dimanche 2 décembre à Piacenza.
Le nouveau chef de file de la gauche italienne pour les législatives du printemps 2013, Pierluigi Bersani, lors de son vote pour le deuxième tour de la primaire du Parti démocrate, dimanche 2 décembre à Piacenza. — Antonio Calanni/AP/SIPA

La coalition de centre gauche italienne emmenée par Pier Luigi Bersani aurait gagné à la Chambre des députés, mais l'incertitude demeure pour le contrôle du Sénat à l'issue des élections législatives de dimanche et lundi. Le Mouvement 5 Etoiles (M5S), le parti anti-élites du comique Beppe Grillo, confirme sa percée en se hissant à la troisième place du scrutin, largement devant le bloc centriste du président du Conseil sortant, Mario Monti.

A la fermeture des bureaux de vote à 15h, les sondages de sortie des urnes ont annoncé une victoire du centre gauche dans les deux chambres. Les projections diffusées un peu plus d'une heure plus tard ont prédit que le centre droit l'emporterait de justesse au Sénat, avant que de nouvelles projections diffusées vers 17h15 redonnent de peu l'avantage au centre gauche. Environ 1h30 plus tard, c'est à nouveau le centre droit à qui une projection diffusée par la RAI donne le groupe le plus important au Sénat en termes de sièges.

Le centre droit recueillerait 121 sièges, contre 96 pour le centre gauche, 65 pour le Mouvement 5 étoiles de l'humoriste Beppe Grillo, et 19 pour le bloc centriste du président du Conseil sortant Mario Monti. Il faut 158 sièges pour disposer de la majorité au Sénat. En termes de voix, la RAI place cependant le centre droit et le centre gauche à égalité avec 30,7% des suffrages chacun dans sa dernière projection. Les marchés financiers, qui redoutaient une paralysie du Parlement en cas de score trop serré ou de victoire du centre droit au Sénat, ont d'abord affiché leur soulagement à la publication des sondages de sortie des urnes avant de se retourner à la baisse.

Beppe Grillo à 19% à la chambre basse

Deux sondages de sortie des urnes publiés à la fermeture des bureaux de vote à 15h par la Rai et la chaîne de télévision Sky ont crédité l'alliance de centre gauche emmenée par le Parti démocrate (PD) de Bersani d'une avance de cinq à six points sur la coalition de centre droit de Silvio Berlusconi à la Chambre des députés (34,5% contre 29% selon Sky). Cependant, selon une projection de la RAI, la coalition de centre-gauche, ne recueillerait finalement que 29,1% des voix, et serait talonnée par le centre-droit (28,6%) à la Chambre des députés.

Le Mouvement 5 étoiles, anti-élites, de l'humoriste Beppe Grillo arrive juste derrière avec 26,3%, loin devant le bloc centriste de Mario Monti (10,8%). Une autre projection IPR pour Mediaset TV donne 29,5% à la gauche, 28,5% à la droite, 26,4% à Grillo et 10,5% à Monti.

La Lombardie au centre droit?

A la Chambre des députés, la coalition qui arrive en tête des suffrages au niveau national obtient mécaniquement une majorité de 54%, soit 340 des 630 sièges en jeu. Au Sénat, la loi électorale en vigueur depuis 2005 prévoit également une prime au parti arrivé en tête, mais sur une base différente, régionale et non nationale. Les 315 sièges sont attribués région par région en fonction du poids démographique. Selon les projections de la chaîne LA7, le centre droit s'imposerait dans les régions clés que constituent la Lombardie, la Campanie et la Sicile. Il gagnerait en Lombardie avec 38,8% des voix contre 27,6% au centre gauche, selon la Rai.

Aucun sondage n'avait été publié depuis le 8 février, conformément à la loi. La coalition de gauche emmenée par le PD de Pier Luigi Bersani, qui a joué la carte de la proximité et du pragmatisme, était alors en tête des intentions de vote avec en moyenne 34,7%. L'alliance de droite qui réunit le PDL de Silvio Berlusconi et la Ligue du Nord, fédéraliste, suivait à cinq points environ. Depuis, Silvio Berlusconi a livré une bataille tous azimuts pour tenter de refaire son retard, promettant notamment de restituer aux contribuables la taxe d'habitation sur la résidence principale (IMU) rétablie l'an dernier par Mario Monti.

Le M5S était crédité de 16% environ des intentions de vote, et Beppe Grillo, canalisant la frustration d'une population exaspérée par l'austérité et les scandales de corruption, a attiré les foules à chaque étape de son «Tsunami Tour». Les centristes de Mario Monti, qui n'a jamais vraiment semblé entrer en campagne, étaient donnés à 13,6%.