La Corée du sud investit la fille de l’ancien dictateur présidente

DIPLOMATIE Park Geun-Hye a été investie ce lundi, avec le chanteur Psy en «guest star»...

A.D. avec agences

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Park Geun-Hye, la nouvelle présidente Sud-coréenne
Park Geun-Hye, la nouvelle présidente Sud-coréenne — Lee Jin-man/AP/SIPA

Dans un contexte tendu avec la Corée du Nord, Park Geun-Hye est devenue ce lundi la première femme investie à la présidence de la Corée du Sud. Dans son discours d’investiture ce lundi, Park Chung-Hye s’est montrée ferme et a invité la Corée du Nord à cesser d'engloutir ses ressources dans l'armement.

Fille d’un dictateur

A 61 ans, Park Geun-Hye est la fille de l'ancien dictateur Park Chung-Hee, arrivé au pouvoir par un coup d’État militaire en 1961 et assassiné en 1979. Durant dix-huit ans, il a dirigé le pays d’une main de fer. Son héritage divise encore la nation: artisan du miracle économique après la guerre de Corée (1950-1953) pour les uns, censeur des libertés publiques pour les autres.

La mère de la présidente a été tuée par un militant favorable au régime communiste nord-coréen en 1974, alors que Park Geun-Hye faisait ses études en France.

Pas de «confrontation» avec Pyongyang

Park Geun-Hye a été élue en décembre avec 52 % des voix. Elle a promis qu’elle tenterait de mener une politique basée sur la confiance à l’égard de Pyongyang, à la différence de son prédécesseur, Lee Myung-Bak, membre comme elle du parti conservateur.

Dans un éditorial publié ce lundi, l'organe de presse officiel du Parti du Travail nord-coréen, parti unique, a enjoint Park de renoncer à la politique de «la confrontation» de Lee Myung-Bak. Mais les observateurs soulignent que le test nucléaire effectué par le Nord le 12 février risque fort de rendre sa tâche plus ardue.

«J'exhorte la Corée du Nord à renoncer sans délai à ses ambitions nucléaires, à s'engager sur la voie de la paix et à partager le développement», a-t-elle déclaré après son investiture. La Corée du Nord a menacé ce mardi la Corée du Sud de «destruction finale».

Mais un discours de fermeté

«Le récent essai nucléaire de la Corée du Nord est un défi pour la survie et l'avenir du peuple coréen. Qu'on ne s'y trompe pas, la principale victime sera la Corée du Nord elle-même. Je ne tolèrerai pas une quelconque action qui menace les vies de notre peuple et la sécurité de notre nation», a affirmé la nouvelle présidente. 

Psy en invité d’honneur

La cérémonie d’investiture a duré plus de deux heures et demi, durant lesquelles 21 coups de canons ont été tirés, et rassemblé 70.000 personnes à Séoul. Parmi les invités, figurait le chanteur Psy,qui a interprété son tube planétaire, Gangnam Style.

Outre la  Corée du Nord, la présidente a longuement évoqué la situation économique, principale préoccupation de la classe moyenne. La nouvelle chef d'Etat a promis «une démocratisation économique», des créations d'emplois et l'extension des aides sociales dans ce pays qui enregistre un des taux de vieillissement les plus rapides au monde.