La peine d'un poète qatari ramenée à 15 ans de prison

Reuters

— 

Un poète qatari condamné à la prison à vie pour critiques contre l'émir et incitation à la révolte a vu ce lundi sa peine réduite en appel à 15 ans d'emprisonnement.

Son avocat a annoncé à l'issue du jugement qu'il déposerait un recours devant la Cour suprême de l'émirat du Golfe.

Critique de la monarchie absolue

Pour les organisations de défense des droits de l'homme, cette affaire illustre l'hypocrisie du Qatar, soutien des soulèvements du «printemps arabe».

Dans ses poèmes, Mohamed Ibn al Dhib al Ajami a salué les révoltes arabes qui ont abouti à la chute de quatre dictateurs, souvent avec l'argent et d'autres formes d'aide du Qatar, allié proche des Etats-Unis engagé aux côtés des rebelles syriens. Mais il a aussi critiqué la monarchie absolue, évoquant «des cheikhs jouant sur leurs PlayStations».

Dissuader l’expression d’opinions dissidentes

Condamné il y a trois mois à la réclusion à perpétuité, le poète estime que la justice ne peut fournir la preuve qu'il a déclamé ses oeuvres en public et donc le punir pour incitation à la révolte.

«Il n'y a pas de loi pour ça!» a-t-il crié à l'énoncé de sa peine en appel ce lundi, avant d'être emmené par les gardes. Selon son avocat Nadjib al Naimi, ce jugement est destiné à «faire un exemple» et à dissuader l'expression d'opinions dissidentes.