Brown, nouveau tracteur du Labour

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Soulagement. C'est le sentiment dominant chez les militants travaillistes présents au congrès annuel du parti qui se déroule actuellement à Manchester. Gordon Brown, probable successeur de Tony Blair, a fait un long discours de rassembleur, cherchant à enterrer les divergences des dernières semaines. Cela lui a valu trois minutes de standing ovation, Tony Blair lui-même étant debout à applaudir.

« C'était un discours de cicatrisation, estime Leslie Sibley, conseillère municipale travailliste. Ça fait plaisir de l'entendre dire du bien de Blair. » Stella Guy, militante syndicaliste depuis vingt ans, veut elle aussi tourner la page : « Quel que soit notre point de vue sur la guerre en Irak, il faut reconnaître que Blair a fait de nous un parti de gouvernement, pour lequel les gens votent. » Membre des travaillistes depuis treize ans, spécialiste des problèmes environnementaux, Brian Haley, 40 ans, estime que c'est l'annonce par Blair qu'il ne sera plus Premier ministre dans un an qui a tout pacifié. « Maintenant qu'il reconnaît que c'est la fin, les gens se retournent calmement et reconnaissent son formidable succès. Quand il reviendra l'an prochain comme ex-leader, il recevra un accueil formidable. »

Brown a fait un grand pas vers Downing Street. Son discours se voulait digne d'un Premier ministre, faisant la liste des batailles à venir, de la pauvreté chez les enfants à la décentralisation, en passant par la réforme de la santé. Les militants approuvent, même s'ils manquent d'enthousiasme pour l'homme. « Ce discours n'avait rien de nouveau, grommelle Ralph Innes, militant depuis presque cinquante ans. Mais Brown reste le meilleur candidat. »

A Manchester, Eric Albert