Législatives en Italie: La crise au cœur du scrutin

MONDE Des élections générales ont lieu ce lundi soir...

Faustine Vincent

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La politique de rigueur de Mario Monti pourrait être sanctionnée.
La politique de rigueur de Mario Monti pourrait être sanctionnée. — C. Morandi /REX / SIPA

L'Italie va-t-elle opérer un changement de cap à l'issue des élections générales de dimanche et lundi? Lassés par la politique d'austérité menée depuis quinze mois par le gouvernement de Mario Monti pour «sauver l'Italie», les 47 millions d'électeurs pourraient la sanctionner dans les urnes. Le Premier ministre ne devrait ainsi arriver qu'en troisième position, selon les sondages. Sa «thérapie de choc» pour sortir l'Italie de la crise a certes permis de réduire le déficit public et de restaurer la confiance des marchés, mais au prix d'une hausse du chômage (aujourd'hui de 11, 6 %), des inégalités, et de l'entrée du pays en récession au troisième trimestre 2011. Il ne devrait en sortir, dans le meilleur des cas, qu'à la fin 2013.

Marge de manœuvre étroite

Face aux sacrifices demandés, de plus en plus d'Italiens sont sensibles aux discours populistes dénonçant l'austérité, que ce soit celui de l'humoriste Beppe Grillo – dont le Mouvement cinq étoiles est crédité de 16 % des voix – ou du chef du Peuple de la liberté, Silvio Berlusconi, qui brigue, à 76 ans, un cinquième mandat de président du Conseil.

L'issue la plus probable du scrutin reste toutefois une alliance entre la gauche de Pier Luigi Bersani, dont le Parti démocrate est en tête des intentions de vote, avec en moyenne 34,7%, et les centristes de Mario Monti. Si c'est le cas, «la politique d'assainissement des politiques publiques continuera, prévient Marc Lazar, professeur à Sciences-Po Paris, car l'Italie doit réduire sa dette publique», qui atteint 127,3% du PIB.

«Là où il y aura peut-être une différence, c'est que le Parti démocrate essaiera de faire des gestes sociaux : aider les plus défavorisés, et mettre un peu d'argent pour l'éducation, la recherche et la santé. Mais la marge de manœuvre est très étroite», poursuit le chercheur. Le tournant se situe sans doute dans la méfiance croissante des Italiens, jadis proeuropéens, envers l'Union européenne. Pour la première fois lors d'une campagne électorale, quatre candidats ont tapé sur l'UE. «Cela laissera des traces», assure Marc Lazar.

 

Résultats officiels au plus tôt ce lundi soir

Les Italiens renouvellent dimanche et lundi les 630 députés de la Chambre des députés et les 315 élus du Sénat. Les résultats officiels sont attendus pour ce lundi soir au plus tôt. Ces élections sont très suivies par les marchés financiers, qui craignent un blocage politique (rendu possible par la complexité du système électoral italien), susceptible de ranimer la crise de la zone euro.