Italie: La folle promesse de Silvio Berlusconi sur le remboursement d'une taxe

E.O.
— 
Silvio Berlusconi, le 20 février 2013.
Silvio Berlusconi, le 20 février 2013. — MISTRULLI LUIGI/SIPA

Silvio Berlusconi n’en est pas à son coup d’essai. Le Cavaliere, qui à 76 ans, présente une coalition aux élections législatives qui ont lieu dimanche et lundi en Italie est en train d’effectuer une remontée impressionnante dans les sondages, qui le voyaient début janvier largement distancé par le centre-gauche. Aujourd’hui, seuls quatre points séparent Berlusconi de son adversaire Pier Luigi Bersani. Un effet à la fois du manque d’emballement pour le candidat centre-gauche, considéré comme terne, et des promesses démagogiques de l’ancien président du Conseil.

Dernier coup d’éclat en date: La promesse faite aux citoyens de leur rembourser une taxe foncière, mise en place en 2012 et très impopulaire en Italie. Silvio Berlusconi a envoyé une lettre aux électeurs de cinq régions déterminantes - Lombardie, Vénétie, Latium, Campanie et Sicile – pour leur annoncer cette idée flamboyante. La missive a des airs très officiels : L’enveloppe est barrée d’une inscription «avis important» et les mots «rimborso IMU 2012» (remboursement de l’IMU, la taxe en question) y apparaissent en gros caractères. Ce n’est qu’au dos que figurent le sigle du Peuple de la liberté et la mention «présidente Silvio Berlusconi».

«Si je gagne je renverrai chez eux les tricheurs»

Dans cette lettre, le parti du Cavaliere s’engage à abolir la taxe, et à rembourser ceux qui s’en sont déjà acquittés. Selon Le Monde, cet impôt qui touche les propriétaires – très majoritaires en Italie-  a rapporté près de 20 milliards d’euros à l’Etat. 

La proposition a fait bondir les adversaires de Silvio Berlusconi. Pierluigi Bersani a dénoncé un «truc d’escroc». «C’est une façon de faire campagne que je ne digère pas. Il est temps d'être sérieux», a tempêté le leader du centre gauche. «Si je gagne je renverrai chez eux les tricheurs que sont la Ligue et Berlusconi». Pierluigi Bersani a ironisé sur le remboursement promis par son adversaire, en exigeant qu’il restitue plutôt la somme de l’amende que l’Italie doit à la Commission européenne pour surproduction de lait ou encore l’argent public injecté dans le sauvetage de la compagnie Alitalia. 

L’ancien procureur de Palerme Antonio Ingroia a quant à lui annoncé vouloir porter plainte pour «violation de la vie privée» et d’ «achat de vote».

L’ex-Président du Conseil assurait qu’un retour d’argent lié à la signature imminente d’une convention fiscale avec la Suisse rendrait possible le remboursement – il attendait jusqu’à 30 milliards d’euros. Une promesse douchée ce vendredi par le ministre des Finances suisse, qui a indiqué que la signature d’un tel accord ne pourrait survenir rapidement. Et, qu’ en tout état de cause, le dispositif ne serait opérationnel au plus tôt qu’en 2015.