Rumeur vivace sur la mort de Ben Laden

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Le scoop de l'Est Républicain a fait le tour du monde. « Ben Laden est mort », titrait samedi la une du quotidien régional, citant une note de la DGSE (direction générale des services extérieurs) datée du 21 septembre et assurant que les renseignements saoudiens avaient « acquis cette conviction ». Le terroriste de 49 ans aurait été atteint le 23 août « d'une très forte crise de typhoïde ayant entraîné une paralysie partielle de ses membres inférieurs ». Caché dans les montagnes frontalières entre l'Afghanistan et la Pakistan, le milliardaire saoudien aurait été victime de son « isolement géographique » empêchant « toute assistance médicale ».

Mais du Pakistan aux Etats-Unis en passant par la France et l'Arabie saoudite, personne n'a voulu franchir le pas qui sépare la « conviction » de la confirmation. A Paris, la ministre Michèle Alliot-Marie s'est contentée d'ordonner une enquête sur « la fuite » de ce document classé confidentiel défense. Alors que les chancelleries continuaient hier de démentir l'information, le magazine américain Time citait à son tour une source saoudienne assurant que le chef d'Al-Qaida est « gravement malade ».

Il est vrai que la dernière apparition vidéo de Ben Laden date de plus de trois mois et que les messages du réseau terroriste sont transmis par son bras droit, l'Egyptien Ayman Al-Zawahiri. Cependant, la mort du terroriste saoudien a déjà été annoncée plusieurs fois. Plusieurs sources ont notamment affirmé qu'il souffrait de problèmes rénaux et devait subir des dialyses régulières. Et le décès de Ben Laden, souhaité par les Américains qui voient en lui l'ennemi public numéro 1, ne mettrait pas fin au terrorisme, tant le réseau islamiste est décentralisé.

Clémence Lemaistre