Hong Kong: Les jeunes jouent à s'évader virtuellement

avec AFP

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Avoir les yeux bandés, des menottes aux poignets, et seulement 45 minutes pour s'échapper d'une pièce où l'on est enfermé: on pourrait imaginer distraction plus relaxante, mais pour les jeunes de Hong Kong, c'est le nouveau jeu qui leur permet de s'échapper de leur quotidien stressant.
Avoir les yeux bandés, des menottes aux poignets, et seulement 45 minutes pour s'échapper d'une pièce où l'on est enfermé: on pourrait imaginer distraction plus relaxante, mais pour les jeunes de Hong Kong, c'est le nouveau jeu qui leur permet de s'échapper de leur quotidien stressant. — Philippe Lopez AFP

Avoir les yeux bandés, des menottes aux poignets, et seulement 45 minutes pour s'échapper d'une pièce où l'on est enfermé: on pourrait imaginer distraction plus relaxante, mais pour les jeunes de Hong Kong, c'est le nouveau jeu qui leur permet de s'échapper de leur quotidien stressant.

 

 

 

Au quatrième étage d'un immeuble de Mongkok, l'un des quartiers les plus animés de la ville, il faut réserver une semaine à l'avance un créneau pour pouvoir jouer à «Freeing HK».

Les groupes de joueurs, menottés, sont enfermés dans une salle obscure. Ils ont devant eux des portes menant à trois pièces: «Prison Break» (évasion la prison), «Lost» (perdu) ou «Dr Alpha», chacune avec un scénario différent. Pour en sortir indemnes, il leur faudra déjouer des énigmes, déchiffrer un code, chercher des indices, se glisser à travers un labyrinthe de rayons laser striant la pièce obscure, tout cela avec en arrière-fond le tic tac angoissant d'une horloge leur rappelant que le temps leur est compté.

Peu de loisirs

Un concurrent sur cinq seulement parvient à gagner ce contre-la-montre. Mais les étudiants ou jeunes actifs qui viennent se divertir ici ne cherchent pas tant à s'échapper de la pièce qu'à s'évader d'un quotidien souvent perçu comme étouffant: milieu de travail ultra-compétitif et paysage urbain très dense.

Amy Chow, 21 ans, déclare fuir ainsi «les études, le travail, la vie stressante de Hong Kong». «On doit passer beaucoup de temps à étudier et travailler. Alors aujourd'hui, c'est l'occasion de faire quelque chose de différent, un défi excitant». Ce jeu est né au Japon et la mode s'est étendue à la Chine, Taïwan, Singapour et les Etats-Unis. Mais pour les organisateurs, dans la cité financière chinoise, il tape en plein dans le mille.

Ville stressante

Selon Instant Wan, créateur de «Freeing HK» («libérer Hong Kong»), Hong Kong «est la ville la plus stressée d'Asie». «La journée de travail est longue, les gens parlent tout le temps d'argent, et il n'y a que peu de loisirs: le karaoké et le cinéma».

En moins de trois mois, quelque 5.000 participants, la plupart âgés de 15 à 35 ans, se sont laissés enfermer dans les pièces sombres de l'immeuble de Mongkok, pour 128 dollars de Hong Kong (12 euros) chacun, le prix d'une place de cinéma 3D.

Un succès qui a poussé Instant Wan et ses partenaires à ouvrir bientôt deux nouveaux centres sur ce territoire peuplé de 7 millions d'habitants au sud de la Chine.