Mali: La France est dans «la phase la plus difficile», selon Jean-Yves Le Drian

Avec Reuters

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L'armée française effectue "la phase la plus difficile" de l'opération Serval lancée mi-janvier au Mali pour repousser les groupes islamistes armés, a déclaré ce mercredi le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian au lendemain de la mort du deuxième soldat français.

Près de 150 soldats français et maliens ont lancé lundi une opération dans le massif montagneux de l'Adrar des Ifoghas qui a permis selon Paris de détruire deux dépôts de munitions. Le sergent-chef Harold Vormezeele a été tué mardi dans le massif des Ifoghas, dans le nord du Mali, au cours d'un accrochage qui a permis de neutraliser plus de 20 djihadistes, selon les autorités françaises.

«Il faut poursuivre parce qu'il y a là la fin de l'opération»

«Il faut poursuivre parce qu'il y a là la fin de l'opération», a déclaré Jean-Yves Le Drian. «C'est la phase finale de la libération du Mali en attendant que les forces françaises soient relayées par les forces africaines», a-t-il ajouté. «Nous sommes dans la phase finale mais c'est la phase la plus difficile parce que c'est le réduit des djihadistes et de toutes les bandes qui trafiquent dans ce secteur», a-t-il encore indiqué.

Les rebelles qui se trouvent dans le massif de l'Adrar des Ifoghas sont parmi les plus «fondamentalistes, les plus durs, les plus organisés, donc c'est une phase assez complexe». «On s'attendait à de la résistance, il y en a eu, il y a des combats très violents, mardi et peut-être encore ce mercredi», a déclaré Jean-Yves Le Drian. Quelques 4.000 soldats français participent à la sécurisation du territoire malien en attendant qu'une force africaine, la Misma, prenne le relais.

Interrogé sur la durée de la phase finale de la mission française au Mali, il a répondu: «Ca va durer un certain temps, c'est un territoire qui est grand comme la moitié de la France, on ne le reprend pas en trois jours», a-t-il indiqué. Des semaines, des mois? «Peut-être pas trop longtemps mais il faut sécuriser l'ensemble du territoire et à ce moment-là notre mission sera achevée». Des djihadistes se trouvent encore «dans la partie reconquise» du Mali et les forces maliennes, françaises et africaines s'emploient à sécuriser les zones autour des villes libérées, a-t-il déclaré.