Belgique: Le pédophile meurtrier Marc Dutroux ne devrait pas obtenir sa libération conditionnelle

JUSTICE Estimant le risque de récidive «présent», le tribunal d'application des peines (TAP) de Bruxelles devrait rejeter, ce lundi, la demande du pédophile...

Vincent Vantighem

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Marc Dutroux lors des derniers jours de son procès, en juin 2004
Marc Dutroux lors des derniers jours de son procès, en juin 2004 — ISOPRESS/SIPA

Avant de devenir le pire pédophile de l’histoire belge, Marc Dutroux était électricien de métier. Mais, après seize ans de prison, il se verrait bien devenir plombier ou carrossier indépendant. C’est en tout cas ce qu’il a indiqué au tribunal d’application des peines (TAP) de Bruxelles qui doit statuer, ce lundi, sur sa demande de libération conditionnelle.

L'exemple de Michelle Martin

Suivant l’exemple de Michelle Martin, son ex-femme et complice libérée en août 2012, Marc Dutroux a demandé, le 4 février à sortir de prison et à être placé sous bracelet électronique comme la loi belge l’y autorise. Mais, d’après les informations du groupe d’informations belge SudPresse, le TAP devrait rejeter sa demande. «Quatre contre-indications à la libération de l’ennemi public n°1 sont détaillées dans le rapport psychosocial du TAP», indique ainsi SudPresse.

Pas de formation, pas d'hébergement

Tout d’abord, dans ce rapport, le tribunal estime que son ambition de devenir plombier ou carrossier est «irréaliste» étant donné son manque de formation. Se pose ensuite la question de son hébergement. Jusqu’ici, seul Pierre –un artiste d’Anvers qui lui rend visite en prison– avait proposé de l’accueillir. Mais d’après le rapport, cet homme de 76 ans a finalement changé d’avis par crainte des représailles éventuelles.

Il «manque de compassion» pour les victimes

Mais c’est surtout le risque de récidive que pointent les experts belges pour motiver leur décision. Lors de l’audience du 4 février, Marc Dutroux aurait été jusqu’à dire qu’il avait le sentiment d’avoir «traité les petites filles [qu’il a pourtant violées et laissées mourir de faim] avec humanité». Le risque de récidive est donc «présent selon les experts, qui évoquent donc le fait que Marc Dutroux, en cas de sortie, pourrait «importuner ses victimes étant donné le manque de compassion dont il témoigne à leur égard».

Les victimes demandent à être consultées

Laetitia Delhez avait passé six jours entre les mains de Marc Dutroux avant de recouvrer la liberté. Avec sa mère et le père de la petite Julie, morte de faim dans la maison du pédophile, elle a déposé, le 1er février, un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. Elle demande que les victimes soient consultées lorsqu’un condamné demande sa libération conditionnelle.