La Finlande enquête sur un trafic d'armes vers la Syrie

Avec Reuters

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Les douanes finlandaises enquêtent sur un possible trafic d'armes vers la Syrie à la suite de la saisie, le mois dernier, d'un conteneur renfermant des pièces détachées pour blindés. La cargaison suspecte a été découverte à bord du Finnsun, un cargo de la compagnie Finnlines, quand le navire a accosté dans le port de Vuosaari, près d'Helsinki. Les douanes disent que le chargement semble avoir été envoyé de Russie vers la Syrie. Aucune autorisation de transport pour cette cargaison n'a toutefois été demandée, dit un communiqué.

Finnlines a confirmé que le cargo en question avait été chargé à Saint-Pétersbourg le 20 décembre et dit avoir alerté les autorités après la découverte des pièces lors d'une inspection de routine dans le port d'Anvers en Belgique. La compagnie a alors décidé de remettre le conteneur aux autorités douanières en Finlande, à son prochain arrêt prévu. Le capitaine du cargo et le personnel de Finnlines ont été interrogés. Les douanes finlandaises ont demandé l'aide d'autres pays. L'Union européenne a décrété un embargo sur les livraisons d'armes à la Syrie au départ de tout pays membre de l'UE.

Aucune information sur la livraison, selon Rosoboronexport

La société russe chargée des exportations d'armement, Rosoboronexport, a dit n'avoir aucune information sur la livraison de pièces détachées à la Syrie. «Envoyer des pièces détachées via la Finlande n'est pas très logique. En outre, il est difficile de dire dans l'immédiat quel type de pièces cela pourrait être. Il se peut qu'elles ressemblent à des pièces détachées pour blindés, mais qu'en fait elles soient destinées à un système différent», a déclaré le porte-parole de la firme, Viatcheslav Davidenko. Les ventes de pièces détachées militaires russes sont souvent effectuées par des sociétés diverses sans la participation de Rosoboronexport, ce qui rend leur cheminement difficile à suivre.

Le directeur de Rosoboronexport, Anatoli Isaikine, a déclaré cette semaine que les livraisons à la Syrie consistaient surtout en systèmes de défense aérienne et qu'aucune des armes livrée à la Syrie ne pouvait être utilisée dans la guerre civile. La Russie, principal allié du président Bachar al-Assad, a vendu pour un milliard de dollars (750 millions d'euros) d'armes à la Syrie en 2011.