Renault: Carlos Ghosn prêt à une concession en cas d'accord social

INDUSTRIE Le PDG de Renault pourrait reporter 30 % de son salaire variable...

Claire Planchard

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Carlos Ghosn, jeudi.
Carlos Ghosn, jeudi. — PRM / SIPA

Chantage ou geste de bonne volonté? Après trois mois de négociations, les tractations vont toujours bon train chez Renault pour obtenir la signature de l'accord de compétitivité destiné à réduire les coûts de ses usines françaises. Pressé par l'Etat (actionnaire à 15 %) de réduire sa rémunération, le PDG de Renault a décidé de mettre une partie de son salaire dans la balance. A ses conditions.

«Enfumage total», dit la CGT

Profitant jeudi de la présentation de résultats annuels positifs, Carlos Ghosn a annoncé le report à 2016 de 30 % de sa rémunération variable perçue au titre de 2012 «pour faciliter l'adhésion de tous à l'accord de compétitivité». Un report conditionné. D'abord, à la signature par les syndicats de l'accord prévoyant notamment un gel des salaires et à la tenue par Renault de l'engagement de supprimer 8.260 emplois en France d'ici à 2016, sans fermeture de site ni plan social.

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«Ça va aider, mais ce n'est pas suffisant», a réagi Arnaud Montebourg. «On est dans l'enfumage total. La méthode est assez détestable, notamment parce que Carlos Ghosn ne renonce pas, mais reporte seulement cette rémunération», renchérit Fabien Gâche, de la CGT, qui refuse de signer l'accord. Selon nos calculs, les émoluments reportés ne devraient pas dépasser 429.300 €. Une goutte d'eau, comparés aux 2, 82 millions (variable et fixes) perçus au titre de patron de Renault en 2011, mais surtout aux 9, 9 millions d'euros versés en tant que président de Nissan. «Avec ce geste individuel, quelque chose est mis sur la table, mais il faut maintenant enfoncer le coin», nuance Fred Dijoux, de la CFDT, qui demande l'indexation d'une partie des rémunérations des dirigeants sur des indicateurs de performance. «Si nous en sommes là, c'est aussi parce que des erreurs ont été commises», rappelle-t-il.