Londres craint le retour des djihadistes partis en Syrie

Avec Reuters

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Plus le conflit syrien durera, plus le risque sera grand de voir émerger une nouvelle génération d'extrémistes islamistes aguerris qui seront une menace pour l'Europe, a averti jeudi le chef de la diplomatie britannique.

William Hague s'adressait indirectement à la Russie, qui, comme la Chine, s'oppose à une initiative du Conseil de sécurité de l'Onu pour hâter le départ de Bachar al Assad, aux prises depuis deux ans avec un soulèvement réprimé dans le sang.

«Destination numéro un»

La Syrie est aujourd'hui «la destination numéro un des djihadistes du monde entier», a affirmé le secrétaire au Foreign Office, qui exposait la stratégie britannique en matière de lutte antiterroriste aux membres du Royal United Services Institute, un cercle de réflexion londonien.

«Parmi eux se trouvent des individus ayant des liens avec le Royaume-Uni et d'autres pays européens. Ils ne représentent peut-être pas de menace pour nous quand ils se rendent en Syrie, mais, s'ils survivent, certains peuvent revenir endurcis sur le plan idéologique et avec l'expérience des armes et des explosifs», a-t-il souligné.

«Le danger augmente»

«Plus le conflit continue, plus le danger augmente et ce point ne doit pas échapper aux décideurs de Russie et d'ailleurs», a résumé William Hague.

Invitant Moscou et Pékin à s'associer aux efforts des autres Etats-membres du Conseil de sécurité, le secrétaire au Foreign Office a en outre évoqué le risque grandissant d'un recours aux armes chimiques ou bactériologiques.

Lundi à Bruxelles, il plaidera auprès de ses homologues européens en faveur d'un allègement de l'embargo sur les armes afin d'aider l'opposition. Cet embargo arrive à expiration le 1er mars.