L'Iran dément fournir des armes aux islamistes somaliens

Avec Reuters

— 

L'Iran dément armer des groupes islamistes en Somalie, comme l'estiment des experts de l'Onu chargés du contrôle de l'embargo sur les armes qui frappe le pays de la Corne de l'Afrique.

Dans une lettre que Reuters a pu consulter jeudi, la mission iranienne aux Nations unies écrit que ces «allégations de transferts d'armes de l'Iran vers la Somalie sont des inventions absurdes et n'ont aucun fondement ni aucune validité».

«Ceci est catégoriquement rejeté par la gouvernement de la République islamique d'Iran», dit-elle.

Réseaux iraniens ou yéménites

Selon les experts de l'ONU, ces armes arrivent pour l'essentiel par le nord de la Somalie, c'est-à-dire les régions autonomes du Puntland et du Somaliland, via des réseaux iraniens ou yéménites, avant d'être convoyées vers le Sud, où les miliciens sont les plus nombreux. «Il est regrettable que le groupe de suivi ait, de manière clairement irresponsable, placé de telles allégations infondées et inventions étranges dans son rapport, sans prendre la peine au préalable de les communiquer à mon gouvernement», a déclaré le représentant de l'Iran aux Nations unies, Mohammad Khazaee.

La ministre somalienne des Affaires étrangères, Fawzia Yousouf Hadji Adan, a appelé de son côté le Conseil de sécurité de l'ONU à lever l'embargo sur les armes au bénéfice des forces gouvernementales, tout en maintenant des restrictions à l'encontre des miliciens islamistes Chabaab. «La levée de l'embargo est un préalable indispensable à la mission (de consolidation de la paix)», a-t-elle dit.

La France hostile à l'abandon de l'embargo

Une telle initiative est envisagée par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avec le soutien des Etats-Unis qui y voient un moyen de renforcer l'armée somalienne après la reconquête de la plupart des villes tenues par les rebelles islamistes.

La France et la Grande-Bretagne se sont en revanche jusqu'à présent montrées hostiles à l'abandon de l'embargo, tandis que les experts préconisent sa levée progressive.