Bruxelles critique l'embargo russe sur la viande allemande

Avec Reuters

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L'Union européenne a demandé jeudi la levée de l'interdiction des importations de viande allemande réfrigérée par la Russie, estimant cet embargo injustifié et disproportionné, selon un document déposé auprès de l'Organisation mondiale du commerce. L'interdiction, qui a pris effet le 4 février, n'est pas liée au scandale de la viande de cheval insérée dans des plats cuisinés à la place de la viande de boeuf.

Pour justifier ces mesures de restrictions d'urgence face à l'OMC le mois dernier, la Russie s'était bornée à déclarer : «Il n'y a pas de contrôle convenable par les services vétérinaires en Allemagne.»

Des mesures «disproportionnées»

«L'Union européenne conteste avec force le motif de cet avis», dit l'UE dans sa note qui a été envoyée à l'OMC le 8 février et rendue publique par cet organisme le 13 février. «L'Union européenne et ses Etats membres ont fait tous les efforts nécessaires pour se conformer aux exigences de l'Union douanière (de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan) et de la Fédération de Russie», ajoute l'UE.

«Les mesures annoncées par la Fédération de Russie ne sont pas justifiées d'un point de vue technique ou juridique et sont disproportionnées.»

Les règles édictées par la Russie sur les importations de viande ont aussi fait l'objet de critiques de la part des Etats-Unis qui viennent de demander la levée de l'embargo sur leurs produits carnés, imposé par la Russie en raison de l'utilisation de la ractopamine, un activateur de croissance, interdit dans l'UE. 

Tulip demande le rappel de produits

La Russie est entrée à l'OMC en août 2012. Elle a aussitôt fait l'objet de récriminations concernant l'accès à ses marchés dans plusieurs domaines, notamment les automobiles, l'alcool, le bois et la viande.

Par ailleurs, la société danoise Tulip a annoncé jeudi avoir demandé à plusieurs grossistes allemands de rappeler deux produits cuisinés à base de pâtes qui pourraient renfermer de la viande de cheval.

Tulip, filiale du groupe Danish Crown, achète ces deux produits - des lasagnes et des canneloni à la bolognaise - au Français Comigel, entreprise au centre du scandale actuel de la viande de cheval dans des plats censés être pur boeuf. Elle les revend à des sociétes allemandes comme Rewe, deuxième plus important grossiste en produits alimentaires outre-Rhin.