Quatre ex-généraux turcs arrêtés pour le «putsch» de 1997

Avec Reuters

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Quatre généraux turcs à la retraite ont été emprisonnés en attendant d'être jugés pour leur implication présumée dans la démission forcée du gouvernement islamiste en 1997, rapporte jeudi l'agence de presse Anatolie.

Necmettan Erbakan, pionnier de l'islam politique en Turquie, avait démissionné en juin 1997 de son poste de Premier ministre pour non-respect du principe de laïcité inscrit dans la Constitution, quelques mois après une mise en garde lancée par le Conseil de sécurité nationale, dominé par l'armée.
L'épisode a été qualifié de «coup d'Etat post-moderne», l'armée ayant réussi à renverser le pouvoir en place sans intervenir directement comme elle avait pu le faire lors des putsches de 1960, 1971 et 1980.

Le  Premier ministre veut apaiser ses relations avec l'armée

L'incarcération des quatre officiers - deux généraux, un amiral et un vice-amiral selon l'agence Anatolie - s'ajoute à la longue liste des procédures engagées contre l'armée autrefois toute-puissante mais dont le pouvoir s'est largement amenuisé au cours des dix dernières années sous les coups de boutoir du gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan.

Plusieurs gestes récents du Premier ministre suggèrent cependant une volonté d'apaiser ses liens avec l'armée.

Le chef du gouvernement a ainsi critiqué les longues périodes de détention provisoire infligées à des centaines de militaires pour complots présumés contre l'Etat, ou la mise en examen d'un ancien chef d'état-major. Il a même rendu visite à l'hôpital pour rencontrer un général reconnu coupable de conspiration à son encontre.

L'influence réduite de l'armée

Depuis son arrivée au pouvoir en 2002, le parti AKP d'Erdogan, dont certains fondateurs appartenaient au Parti du bien-être national d'Erbakan, dissous par les autorités, ont nettement réduit l'influence de l'armée dans le pays.

Plus de 300 officiers ont été condamnés à des peines de prison en septembre pour complot en vue de renverser Erdogan en 2003. Près de 300 autres personnes - politiques, universitaires, journalistes et officiers de l'armée à la retraite - sont actuellement jugés pour incitation aux violences politiques.