Obama engage le bras de fer avec le Congrès

Faustine Vincent

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Barack Obama s'est exprimé devant le Congrès mardi.
Barack Obama s'est exprimé devant le Congrès mardi. — C. DHARAPAK / CNP / ADME / SIPA

Le discours de Barack Obama sur l'état de l'Union marque le début de la bataille que le président américain devra mener face aux républicains pour accomplir les chantiers de son second mandat. Sur un ton conquérant, le démocrate a détaillé mardi soir ses priorités devant le Congrès, dominé par ses adversaires politiques.

Bien qu'en minorité, Barack Obama dispose d'une fenêtre de tir pour agir. Notamment parce que le Parti républicain, aujourd'hui en pleine déliquescence, se cherche un nouveau leader et une nouvelle voie. «Leur stratégie d'obstruction systématique, observée jusqu'à présent, n'a pas permis de revenir au pouvoir», relève Olivier Richomme, auteur de De la diversité en Amérique (éd. Pups). Les républicains pourraient donc évoluer vers plus de compromis. Ils devraient également lâcher du lest sur les questions d'immigration afin de ne pas se mettre à dos l'électorat des minorités, qui représentent 92 % de la croissance entre 2000 et 2010. Selon Frédérick Douzet, directrice adjointe de l'Institut français de géopolitique, «Obama a tout intérêt à pousser maintenant. Mais les blocages seront énormes. Tout se fera dans un rapport de force.»

Contrôle des armes à feu


Au cours de son intervention de mardi, largement consacrée aux questions intérieures, il s'est déclaré déterminé à «rallumer le véritable moteur de la croissance économique américaine, une classe moyenne vigoureuse et prospère». Il a également appelé les parlementaires à renforcer le contrôle des armes à feu. Alors que les parents d'une victime de la tuerie de Newtown (28 morts dont 20 enfants, le 14 décembre 2012) étaient présents dans la salle, Obama a affirmé qu'ils «mérit[aient] un vote» du Congrès sur ce sujet. Il a enfin appelé à une réforme de l'immigration, ouvrant la voie à la naturalisation d'environ 11 millions de clandestins.

Sur le plan diplomatique, il s'est contenté d'un discours a minima. Il a toutefois annoncé le rapatriement d'ici le début 2014 de 34 000 des 66 000 GI toujours déployés en Afghanistan, sans donner de détails sur une éventuelle présence américaine au-delà.