Discours sur l'état de l'Union: Obama défend les classes moyennes

ETATS-UNIS Hausse du salaire minimum, aide pour développer l'école maternelle, réforme des impôts: le président américain persiste et signe...

Philippe Berry, avec Reuters

— 

Barack Obama lors du discours sur l'état de l'Union, le 12 février 2013.
Barack Obama lors du discours sur l'état de l'Union, le 12 février 2013. — (AP/C.DHARAPAK/POOL)

Certes, le ton a été plus rassembleur que lors de son discours d'investiture. Mais mardi, pour son adresse annuelle devant le Congrès sur l'état de l'Union, Barack Obama n'a pas vraiment caressé les républicains dans le sens du poil avec ses priorités. S'il jure que les mesures «n'ajouteront pas un centime aux déficits», il a milité pour de nombreuses dépenses en faveur de la classe moyenne.

Le président propose de relever le salaire minimum fédéral américain de 20%, de 7,25 à 9 dollars, d'ici la fin 2015. La raison: «Une famille avec deux enfants où chaque parent travaille à plein temps et touche le salaire minimum vit sous le seuil de pauvreté. Ce n'est pas acceptable.» Il veut également investir dans un programme pour que «chaque enfant puisse aller à l'école maternelle», alors que, selon lui, moins d'un tiers des enfants de 4 ans y ont accès, principalement dans de coûteux établissements privés.

 

«Jobs made in America»

 

Le président a appelé à une réforme global de l'impôt pour «s'assurer que les PDG ne paient pas un taux plus faible que leur secrétaire». «Une politique de simple réduction des déficits ne constitue pas un programme économique», a-t-il attaqué, demandant un accord global pour éviter le mur fiscal repoussé de quelques mois début janvier.

 

Barack Obama veut encore investir 50 milliards de dollars dans la réfection de routes et de ponts et consacrer 15 milliards de dollars à un plan de développement de l'emploi dans le secteur du bâtiment afin de soutenir la croissance économique. Il souhaite aussi l'instauration d'une taxe minimale sur les revenus déposés dans des paradis fiscaux. Il a encore félicité Apple et Caterpillar pour ramener des «jobs made in USA» et veut abaisser le taux d'imposition sur les sociétés du secteur industriel pour encourager la tendance.

 

Obama exige un vote sur le contrôle des armes

 

Les parents d'une adolescente tuée par balle à Chicago le mois dernier étaient présent dans la salle. «Ils méritent un vote» sur les propositions avancées pour renforcer le contrôle des armes, a tonné le président. «Les familles des victoires de Newtown méritent un vote. Celles d'Aurora et de Tucson méritent un vote». Le président a martelé sept fois sa formule, et le Congrès a fini debout car aucun élu, même ceux opposés à une loi, ne pouvait être photographié assis pendant ce moment émotion.

 

Retrait d'Afghanistan et lutte contre le changement climatique

 

Largement dominé par les questions économiques, le discours sur l'état de l'Union a aussi permis à Barack Obama d'aborder des sujets de politique étrangère. Il a ainsi annoncé le rapatriement d'ici début 2014 de 34.000 des 66.000 militaires américains toujours déployés en Afghanistan. Il n'a en revanche fourni aucun détail sur la nature de l'éventuelle présence américaine au-delà de 2014, lorsque le retrait des forces militaires sera censé être achevé.

 

Il s'est enfin engagé à agir par décret pour lutter contre le réchauffement climatique si le Congrès ne prend aucune initiative en la matière. «On peut faire le choix de penser que les tempêtes et les sécheresses qui se multiplient sont de simples coïncidences ou écouter l'écrasant consensus des scientifiques et agir avant qu'il ne soit trop tard», a plaidé le président.