Tunisie: Ettakatol dit oui à un gouvernement de technocrates

Avec Reuters

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Le parti laïc Ettakatol, l'une des trois formations du gouvernement de coalition en Tunisie avec les islamistes d'Ennahda et le Congrès pour la République, soutient la proposition du Premier ministre Hamadi Jebali de mettre en place un gouvernement de technocrates, à la suite de l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd.

«Ettakatol approuve la proposition de Jebali de former un gouvernement de technocrates», a déclaré mardi lors d'une conférence de presse Moustapha Ben Jaafar, secrétaire général du parti et président de l'Assemblée nationale constituante.

L'assassinat de Belaïd a tout changé

«Ettakatol pense que tout a changé avec l'assassinat de Belaïd», a-t-il poursuivi, ajoutant que la démission des ministres membres de son parti de centre gauche étaient à la disposition du chef du gouvernement, lui-même secrétaire général d'Ennahda.

Moustapha Ben Jaafar a exhorté Ennahda à appuyer également la proposition du Premier ministre afin de sauver la transition démocratique et d'avoir un gouvernement neutre qui préparera les prochaines élections.

«Si cette expérience échoue, aucune expérience arabe ne pourra réussir», a-t-il souligné en appelant à l'union nationale.

Le parti gèle son retrait

Lundi, le Congrès pour la République, le parti laïque du président Moncef Marzouki, a décidé de «geler» son retrait annoncé la veille de la coalition gouvernementale. Mohamed Abbou, secrétaire général du petit parti de centre gauche, a expliqué lors d'une conférence de presse que les trois ministres CPR resteraient une semaine de plus au gouvernement «afin de permettre davantage de discussions sur un gouvernement de coalition».

Le CPR et Ettakatol forment avec Ennahda un gouvernement de coalition depuis les élections d'octobre 2011.

Face à l'aggravation des tensions en Tunisie consécutives à l'assassinat, mercredi dernier, de l'opposant de gauche Chokri Belaïd, Hamadi Jebali a annoncé qu'il nommerait un gouvernement d'experts indépendants le temps d'organiser de nouvelles élections.