Royaume-Uni: Une Ecosse indépendante sortirait de l'UE, avertit Londres

Avec Reuters

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Londres a publié lundi un rapport de deux experts juridiques mandatés par le gouvernement qui met en garde l'Ecosse contre les conséquences d'une indépendance sur le plan des relations internationales et de son appartenance à l'Union européenne. Le Parti national écossais (SNP, indépendantiste) d'Alex Salmond, au pouvoir en Ecosse, compte organiser un référendum en 2014 sur l'indépendance écossaise auquel le gouvernement britannique s'oppose farouchement.

Pour les experts en droit international, les implications d'une indépendance écossaise seraient comparables à la situation créée par l'effondrement de l'Union soviétique en 1991: la Russie a été désignée comme le successeur légal de l'ex-URSS mais 14 autres pays ont dû réinventer leur statut international. Le poids de ce précédent historique suggère que l'Ecosse indépendante serait considérée comme un nouvel Etat, ce qui l'obligerait à se porter candidate à l'adhésion à l'Union européenne, à l'ONU ou encore à l'Otan.

Les opposants à l'indépendance écossaise font déjà valoir leurs arguments sur le plan économique, soulignant que le pétrole de la mer du Nord sur lequel compte Edimbourg est en voie de raréfaction, que l'Ecosse perdrait de généreuses subventions gouvernementales ou qu'il lui faudrait lever de nouveaux impôts. Les indépendantistes estiment quant à eux que les revenus pétroliers de la mer du Nord, en s'ajoutant à la pêche, l'agriculture et la production de whisky suffiraient à garantir la solvabilité de la nouvelle entité.

Une sécession de l'Ecosse pourrait provoquer de nombreux problèmes pour le Royaume-Uni et poserait une question de défense, les sous-marins nucléaires Trident de la flotte britannique étant basés en Ecosse. Pour le Premier ministre David Cameron, un tel scénario représenterait un important revers politique que les membres de son parti ne le lui pardonneraient sans doute pas avant l'échéance des élections législatives de 2015. Les enquêtes montrent cependant que le mouvement en faveur de l'indépendance ne progresse plus avec seulement un tiers d'opinions favorables contre un peu moins de la moitié de la population écossaise qui y est opposée.