Les Thaïlandais divisés après le putsch

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Les rues de Bangkok étaient étonnamment calmes, hier, au lendemain du coup d'Etat militaire contre le Premier ministre, Thaksin Shinawatra, qui se trouvait à New York au moment des faits. Alors que la journée a été décrétée fériée par les militaires, des curieux sont descendus dans les rues, habituellement bondées, de la capitale thaïlandaise pour prendre les blindés en photo. D'autres offraient des fleurs aux militaires, les remerciant d'avoir mis fin à des mois de crise politique.

« Je souhaitais que l'armée prenne les rênes depuis très, très longtemps car il y a eu beaucoup de protestations », lâche un chauffeur de taxi. A Bangkok et dans le Sud, où Thaksin est décrié, le putsch semble être bien accepté. A l'inverse, dans les provinces rurales du nord du pays, fidèles au Premier ministre, les habitants sont sous le choc. « C'est effrayant. Tout s'est passé si vite. Je trouvais que la démocratie thaïlandaise allait en s'améliorant, mais l'armée a mis un coup d'arrêt », regrette Rasri Meebonun un sexagénaire, qui gère un fast-food.

Aux yeux des analystes, ce premier coup d'Etat militaire à Bangkok depuis quinze ans constitue à la fois un revers pour la jeune démocratie thaïlandaise, et une tentative de sauver un système sérieusement mis à mal par Thaksin Shinawatra, accusé de corruption. Hier, le général Sonthi Boonyaratglin, auteur du putsch, a affirmé avoir obtenu l'accord du roi pour prendre la tête de l'exécutif intérimaire. Il a également annoncé que le Premier ministre renversé, qui est arrivé à Londres hier, pourra revenir en Thaïlande, mais qu'il sera passible de poursuites judiciaires.

F. V. (avec AFP)