Le pouvoir hongrois droit dans ses bottes

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Explosion de colère en Hongrie. Des manifestants de droite et d'extrême droite ont pris d'assaut dans la nuit de lundi à mardi le siège de la télévision nationale pour protester contre les mensonges du Premier ministre socialiste, Ferenc Gyurcsany. Bilan des émeutes : 150 blessés – dont 102 policiers, l'un se trouvant dans un état grave. Hier, plusieurs centaines de personnes s'étaient à nouveau rassemblées dans le centre de Budapest. Une violence jamais vue dans ce pays depuis l'écrasement de l'insurrection de novembre 1956 par les chars soviétiques.

Tout a débuté avec la retransmission à la radio, dimanche, d'un discours prononcé à huis clos par le Premier ministre devant les députés de son parti, en mai. Avec son cynisme habituel, l'ex-homme d'affaires âgé de 44 ans, devenu chef de gouvernement en 2004, avouait avoir menti et caché un plan d'austérité aux électeurs pour remporter les législatives en avril dernier : « Nous avons merdé (...). Personne en Europe n'a fait de pareilles conneries, sauf nous (...). Il est évident que nous avons menti (...). Nous avons tout fait pour garder secret en fin de campagne électorale ce dont le pays a vraiment besoin, ce que nous comptions faire après la victoire : (...) se mettre au travail, car nous n'avons jamais eu de problème de cette envergure. » Un aveu qui a mis le feu aux poudres. Réagissant aux émeutes, Gyurcsany a exclu de démissionner et indiqué qu'il tirait des événements « la conclusion qu'il faut poursuivre et accélérer les réformes » impopulaires engagées par son gouvernement après sa réélection.

Clémence Lemaistre (avec AFP)