Un immense scandale sanitaire éclabousse le NHS

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Un rapport qui jette l'opprobre sur le système de santé britannique. La mort dans des conditions sordides de centaines de patients d'un hôpital britannique, privés d'eau, de nourriture et d'hygiène élémentaire, met en évidence l'urgence d'une remise en question du système de santé publique (NHS) en Grande-Bretagne, souligne un rapport publié mercredi et mené par l'avocat britannique Robert Francis.

Le scandale de l'hôpital de Stafford, dans le centre de l'Angleterre, où de 400 à 1 200 patients ont succombé à diverses privations entre janvier 2005 et mars 2009, est l'un des plus graves qui a affecté le NHS depuis sa création en 1948. « Certains patients étaient tellement assoiffés qu'ils buvaient l'eau sale des vases », a déclaré le Premier ministre britannique devant le Parlement. Au nom du gouvernement et du pays tout entier, il a présenté ses excuses aux familles des victimes. « Elles ont été abandonnées par un système qui a fait passer les intérêts de l'entreprise et la réduction des coûts avant la sécurité des patients », a dénoncé Robert Francis, l'auteur du rapport. Dans cette étude, il décrit des directeurs hospitaliers tellement obsédés par l'équilibre des comptes qu'ils en négligeaient totalement la qualité des soins. Selon lui, c'est d'un changement de culture, et d'une nouvelle organisation, que le NHS a besoin. De son côté, le Premier ministre a promis de nommer un inspecteur général et de renforcer les inspections d'ici à l'automne prochain.

■ santé

Le National Health Service (NHS), qui fournit des soins gratuits aux personnes défavorisées, faisait encore il y a peu la fierté du pays. Mais ces événements révèlent des défaillances inacceptables.