La droite prend les rênes de la Suède

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Après douze ans de règne sans partage, les sociaux-démocrates se sont inclinés dimanche, laissant la place au centre-droit vainqueur des élections législatives. Certes, le Parti social-démocrate peut se targuer de demeurer le premier parti du pays, avec 35,2 % des voix, mais il réalise son plus mauvais score depuis 1920, et son alliance avec les Verts n'obtient que 171 sièges. En face, l'Alliance de centre-droit récolte 178 sièges, trois de plus que la majorité.

Une victoire à mettre au crédit du futur jeune Premier ministre, Fredrik Reinfeldt. A 41 ans, ce grand homme chauve, au costume noir et à la cravate rouge, a réussi à unir la droite et à prendre d'assaut la sociale-démocratie, en la combattant sur son propre terrain. Plutôt que de remettre en cause le fameux « modèle suédois », comme le faisaient auparavant les conservateurs, il a promis de « l'améliorer ». Alors que certains experts estiment que le taux de chômage officiel (inférieur à 6 %) cache une tout autre réalité (17 % des personnes en âge de travailler seraient assistées : préretraites, arrêts maladie...), Reinfeldt veut qu'il devienne « payant de travailler ». En clair, il dit vouloir combattre les abus du système en diminuant les allocations chômage, qui s'élèvent à 80 % du salaire. Il veut aussi doper le marché du travail. Car c'est le paradoxe de l'économie suédoise : avec une croissance de près de 5 %, elle ne parvient pas à créer des emplois. Pour y remédier, la droite propose notamment de baisser la pression fiscale. Une révolution dans un pays habitué à payer beaucoup d'impôts en échange d'une large redistribution des richesses.

Clémence Lemaistre