Nobel de la Paix 2013: Malala et des opposants d'Europe de l'Est en lice

avec AFP

— 

Malala Yousafzai, la jeune Pakistanaise blessée par balles par des talibans, a été opérée samedi "avec succès" du crâne, a indiqué dimanche une porte-parole de l'hôpital de Birmingham, dans le centre de l'Angleterre, où elle est suivie.
Malala Yousafzai, la jeune Pakistanaise blessée par balles par des talibans, a été opérée samedi "avec succès" du crâne, a indiqué dimanche une porte-parole de l'hôpital de Birmingham, dans le centre de l'Angleterre, où elle est suivie. — afp.com

La jeune Pakistanaise Malala, icône de la résistance aux talibans, et des opposants d'Europe de l'Est figurent parmi les candidats au prix Nobel de la paix 2013, pour lequel les parrainages devaient être envoyés ce vendredi au plus tard.

Adolescente de 15 ans, Malala Yousafzai a brutalement gagné une notoriété internationale en survivant le 9 octobre à une balle tirée dans la tête par un taliban qui voulait la punir de son engagement pour l'éducation des filles. Depuis, la jeune miraculée incarne la lutte obstinée contre l'extrémisme religieux dans un pays où les droits de la femme sont souvent bafoués.

«Dernière dictature d'Europe»

Parmi les autres candidatures connues, on retrouve des personnalités déjà «nominées» dans le passé et qui défendent les droits de l'Homme dans des pays où ils sont malmenés, comme le Bélarusse Ales Beliaski, actuellement derrière les barreaux, et la Russe Lioudmila Alexeeva.

Qualifié de «dernière dictature d'Europe» en son temps par l'administration de George W. Bush, le Bélarus est tenu d'une main de fer par le président Alexandre Loukachenko et la répression s'y est encore accentuée récemment.

Ales Beliaski et Lioudmila Alexeeva sont quant à eux soutenus par deux députés norvégiens. «Ils ont en commun d'avoir défié des appareils d’État autoritaires et l'usage illégal et illégitime du pouvoir», a expliqué l'un d'eux, Jan Tore Sanner.

Adolf Hitler et Michael Jackson

Être proposé n'équivaut pas à une quelconque reconnaissance de la part du comité, a coutume de rappeler ce dernier. Dans le passé, Adolf Hitler, Joseph Staline, Benito Mussolini ou, dans un style très différent, Michael Jackson ont ainsi été «nominés».

Parmi les candidatures également évoquées cette année mais dont il n'est pas toujours sûr qu'elles aient reçu les parrainages nécessaires, se trouvent des noms connus comme Bill et Hillary Clinton et d'autres moins comme une fondation militaire américaine pour la liberté religieuse (MRFF) ou le Britannique Nicholas Winton qui sauva des enfants juifs à Prague juste avant la Seconde Guerre mondiale.

Autres candidats putatifs: l'ex-technicien atomiste israélien Mordehaï Vanunu, qui avait révélé des secrets sur le programme nucléaire de l'Etat hébreu, Maggie Gobran, une Copte surnommée la «Mère Teresa» du Caire, le médecin congolais Denis Mukwege, bienfaiteur des femmes violées, ainsi que l'Unesco et son ex-directeur Federico Mayor.

Composé de cinq membres désignés par le Parlement norvégien, le comité Nobel est capable de créer la surprise comme en 2009 lorsqu'il a distingué le président américain Barack Obama tout juste entré en fonctions ou l'an dernier quand une Union européenne en pleine crise a été récompensée.

A tel point que certains lui reprochent d'avoir trahi le testament du fondateur des prix, le Suédois Alfred Nobel (1833-1896), qui avait une conception plutôt étroite de la notion de «champions de la paix». Le prix sera attribué début octobre et remis le 10 décembre.