L’école de Naamé peine à se relever

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 Dans la cour de l’école de Naamé, à 5 km au sud de Beyrouth, les débris de verre s’amoncellent par terre, ramassés en quelques tas grossiers. Comme partout alentour, toutes les vitres ont été soufflées après le bombardement du pont, situé à une centaine de mètres de là, pendant la guerre entre Israël et le Hezbollah. Au premier étage, des dizaines de chaises ont été entassées dans le couloir, sous les fenêtres arrachées. Les employés de l’école ont paré au plus pressé à l’heure où une trentaine d’élèves ont déjà repris les cours de soutien scolaire dans la salle de classe voisine, en préparation du brevet à la fin de l’année. « Avant, on pouvait même pas monter dans l’escalier, explique Abdallah Tayyara, le représentant des élèves. Les vitres ont toutes explosé dans la destruction du pont, le 29 août. Ça a été un grand choc. Le gardien et sa famille étaient là. Sa femme et ses enfants sont sortis de l’école et se sont mis à courir dans la rue. Beaucoup de gens ont quitté la ville et ne sont revenus qu’après le cessez-le-feu », le 14 août dernier.

Aujourd’hui, les élèves, qui craignaient que les cours soient annulés cette année, se disent heureux de reprendre l’école. « On se sent seuls pendant la guerre, confie Layaly, 15 ans, qui est venue ce matin pour son cours de physique-chimie. Je suis contente de revenir parce que c’est le moyen de se retrouver tous ensemble, et parce que je veux réussir, me prouver que j’en suis capable. » Selon son professeur, Saad Fakhredeen, les élèves ont tous été très perturbés par le conflit. « Ils ne sont pas dans leur état normal, ils ont peur qu’une autre guerre surgisse et cela se ressent sur leur travail, explique-t-il. C’est un gros problème pour nous car cela risque d’avoir des conséquences sur l’obtention de leur diplôme à la fin de l’année ».

Pour l’heure, le déblayage continue. Il devrait prendre deux mois, d’après le représentant des élèves. Le gouvernement libanais a promis d’intervenir pour réparer les dommages - estimés à 20000 dollars, selon le directeur de l’école, Ibrahim Abu Shahla - mais, sollicité de toute part, il reporte de jour en jour. «Il nous dit qu’il va venir demain, puis après-demain, pour le jour suivant encore… Mais d’ici deux semaines, l’aide devrait arriver », assure le directeur. Tous préfèrent rester optimistes à un mois de la rentrée des classes, le 16 octobre. « Que se passera-t-il si tout n’est pas réparé d’ici là ? Et bien, il pleuvra dans les classes ! », sourit Abdallah Tayyara.

A Beyrouth, Faustine Vincent