Italie: Une décennie de «Berlusconneries»

DERAPAGE L'ancien chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, est un habitué des petites phrases qui font polémique...

Bérénice Dubuc
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L'ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, le 27 octobre 2012, à Gerno.
L'ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, le 27 octobre 2012, à Gerno. — A.GAROFALO / REUTERS

«Les lois raciales représentent la pire faute d'un leader, Mussolini, qui en revanche a fait de bonnes choses dans tant d'autres domaines.» Cette phrase de l'ancien Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, fait polémique de l’autre côté des Alpes. Pourtant, le «Cavaliere» n’en est pas à sa première provocation. Femmes, noirs, Allemands, musulmans, communistes, magistrats, opposants… Depuis plus de dix ans, il a su se faire de nombreux amis. Tout en subtilité.

C’est bien entendu en Europe que le Cavaliere a su entretenir des amitiés tout au long de ces années. La preuve en photo en février 2002: hilare, il fait des cornes dans le dos du ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Piqué, lors d'un sommet informel à Caceres en Espagne. En juillet 2003, le chef du gouvernement italien se fait un nouvel ami au Parlement européen: il répond à Martin Schulz, un député social-démocrate qui vient de le critiquer qu’«en Italie, un producteur est en train de faire un film sur les camps de concentration nazis», et qu’il va le «proposer comme Kapo».

Spécialiste du communisme

Avec ses alliés russes et américains, Silvio Berlusconi fait aussi dans la finesse. En novembre 2008 il évoque, un grand sourire aux lèvres, le tout nouveau président américain Barack Obama, un homme «jeune, beau et bronzé». Quelque temps plus tôt, en décembre 2005, il avait fait montre de ses connaissances politico-historiques en affirmant que le président russe Vladimir Poutine a «vécu le siège de Stalingrad» en 1942-1943, et qu’il est «fièrement anticommuniste» -alors  que ce dernier est né en 1952 et a été membre du Parti communiste soviétique jusqu'en 1991.

On notera que le communisme est un sujet qui lui est cher, puisqu’en mars 2006, il avait déjà affirmé: «On m’accuse d’avoir dit que les communistes mangeaient les enfants, mais lisez le livre noir du communisme, et vous découvrirez que dans la Chine de Mao, ils ne mangeaient pas les enfants, mais les faisaient bouillir pour servir d’engrais dans les champs.»

Charmeur

Les dirigeantes européennes font aussi les frais de ses sorties ravageuses.  Il a ainsi décrit l’ancienne Premier ministre britannique Margaret Thatcher comme «une belle chatte», ou affirmé en juin 2005 qu’il avait dû «user de tous ses talents de play-boy» pour convaincre la présidente finlandaise Tarja Halonen de renoncer à la candidature d'Helsinki au profit de Parme pour le siège de l'Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA).

>> Les femmes de Berlusconi, c’est en images et c’est par ici

Car Silvio Berlusconi se plaît à charmer les femmes. Ainsi, en novembre 2007, il assure avoir «découvert ce qu’est le point G des femmes... c’est la dernière lettre de shopping». Et en janvier 2009, après une vague de viols en Italie, il a estimé qu'empêcher les viols dans le pays était une mission impossible: «Il faudrait tellement de soldats. Il y a tellement de belles filles italiennes que cela ne sera jamais possible!».

Un mot sympathique pour chacun

Enfin, «il Cavaliere» s’est également illustré en novembre 2010 en mêlant sexisme et homophobie à son explication concernant le «Rubygate»: «Je travaille depuis toujours à un rythme infernal et s'il m'arrive de temps en temps de regarder les belles femmes... eh bien il vaut mieux avoir la passion des belles femmes qu'être gay.»

Enfin, y compris en Italie, Silvio a toujours eu un mot sympathique pour chacun: que ce soient les abstentionnistes du scrutin de mai 2007 en Sicile qu’il qualifie d’«handicapés mentaux», les juges italiens qu’il traite de «métastases de la démocratie», ou encore les rescapés du tremblement de terre de L'Aquila hébergés sous des tentes en avril 2009 à qui il conseille de «prendre ça comme un week-end en camping».