Les troupes françaises en quête d'action

— 

Plein jusqu'aux écoutilles, son pont supérieur occupé jusqu'au dernier centimètre carré par des dizaines de véhicules, le transport de chalands de débarquement (TCD) Foudre, a débarqué 250 hommes et 1.850 tonnes de matériel.
Plein jusqu'aux écoutilles, son pont supérieur occupé jusqu'au dernier centimètre carré par des dizaines de véhicules, le transport de chalands de débarquement (TCD) Foudre, a débarqué 250 hommes et 1.850 tonnes de matériel. — Dominique Faget AFP

Le parc des expositions de Beyrouth a pris des allures de fourmilière. Depuis l’arrivée des premiers soldats français de la Finul au Liban lundi, cet espace de 13 000 m2 loué par la France est envahi d’hommes en treillis qui surgissent dans tous les coins. Un nouveau « VAM » (vol aérien militaire) de 200 soldats vient justement d’arriver. Ils déchargent aussitôt les sacs contre le mur, se mettent en file et entrent un à un dans le réfectoire pour remplir les formalités d’arrivée. A la fin de la semaine, ils seront 1200 et partiront se déployer dans le sud du pays dès qu’ils auront reçu leur mission et qu’ils se seront mis aux couleurs de l’ONU. En attendant, ils s’entassent. « C’est la première fois que je vois autant de militaires rassemblés au même endroit », confie le lieutenant Noual. Dans le dôme situé juste en face du réfectoire, aménagé par leurs soins, s’étendent 1200 minuscules lits pliants kaki, parfaitement alignés et surmontés d’une moutisquaire assortie. Certains somnolent, d’autres jouent aux cartes ou lisent des magazines. L’ambiance est aussi calme que les consignes sont strictes. Interdiction de courir, de crier, de fumer, de faire la cuisine et de se lever pour un oui ou pour un non, surtout la nuit.
A l’heure où les 500 véhicules de l’armée française sont repeints en blanc et siglés « UN » (ONU), les soldats français n’ont à peu près qu’une chose à faire : attendre. Si certains se reposent sous leur bulle, seul espace d’intimité, tous suivent néanmoins le rythme martial habituel : lever 6h, déjeuner 12h en avalant leur ration de combat, entretien du matériel et préparation logistique, machine à laver, et 5 minutes de douche par tête le soir ou le matin, au choix. « Cette période de transit se passe bien, mais j’espère que ça ne va pas trop durer, confie un soldat. Si on passait 4 mois dans 5m2 avec 1200 hommes, ce serait comme d’avoir tout le temps un patron sur le dos : énervant, confie-t-il. J’ai hâte d’être dans mon bunker, tant qu’à être sur place autant rentrer dans le vif du sujet. Comme on dit chez nous, l’inaction tue ». Ce n’est plus qu’une question de jours : le départ des troupes devrait avoir lieu en début de semaine prochaine.

A Beyrouth, Faustine Vincent