La droite en mauvaise posture en Allemagne

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La demande d'intervention de la Bundeswehr, qui doit prendre le commandement de la force maritime internationale de surveillance des côtes avec un maximum de 2.400 soldats soldats allemands, émane à la fois de l'Etat hébreu et du Liban, a insisté Angela Merkel à l'issue d'une réunion du gouvernement.
La demande d'intervention de la Bundeswehr, qui doit prendre le commandement de la force maritime internationale de surveillance des côtes avec un maximum de 2.400 soldats soldats allemands, émane à la fois de l'Etat hébreu et du Liban, a insisté Angela Merkel à l'issue d'une réunion du gouvernement. — Michael Kappeler AFP/DDP

On aurait pu croire que les origines est-allemandes de la chancelière Angela Merkel auraient bénéficié à son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU). Il n’en est rien. Et c’est sans espoir de sabrer le champagne que les conservateurs attendent les deux élections régionales qui se tiennent dimanche à Berlin et dans le nord-est du pays.
Profitant de la baisse de l’électorat communiste, le parti social-démocrate (SPD), partenaire des conservateurs au niveau fédéral, est devenu la première force politique de l’ex-RDA. Ainsi à Berlin, le maire social-démocrate Klaus Wowereit, personnage haut en couleurs à l’homosexualité déclaré et connu pour son goût de la fête, devait sans problème rester dans son fauteuil. Le SPD y est crédité de 32% des intentions de vote, selon les derniers sondages, contre seulement 22% pour la CDU.
Dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale (Meck-Pom), fief d’Angela Merkel situé au bord de la mer baltique, les conservateurs peuvent se targuer d’obtenir quelque 30% des intentions de vote. Il n’y a cependant pas de quoi pavoiser, puisque le SPD est crédité, lui, de 29%... D’autant que ce dernier est allié au parti neo-communiste Linkspartei qui amènerait près de 18% des suffrages. Assez pour reconduire la coalition gauche-gauche.
Si la CDU attend avec inquiétude le scrutin de dimanche, le SPD n’est pas pour autant à la fête. Car à Berlin, le Linkspartei est en perte de vitesse, ce qui pourrait contraindre les sociaux-démocrates à chercher un autre allié pour rester au pouvoir.
Au final, le seul véritable gagnant des régionales du week-end pourrait bien être l’extrême droite. Crédité de 7% des intentions de vote dans le Meck-Pom, le parti néo-nazi NPD devrait faire son entrée au Parlement régional. Déjà présente dans deux autres Landers de l’Est, l’extrême droite a surfé sur ses thèmes de prédilection –les valeurs (travail, famille, patrie) et l’expulsion des immigrés, dans l’Etat le moins peuplé et au plus fort taux de chômage (plus de 18%) du pays.

Clémence Lemaistre