Israël: Yaïr Lapid, la surprise centriste des législatives

A. S.

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Yaïr Lapid, leader de Yesh Atid, le parti israélien arrivé deuxième lors des législatives, le 23 janvier 2013, à Tel Aviv.
Yaïr Lapid, leader de Yesh Atid, le parti israélien arrivé deuxième lors des législatives, le 23 janvier 2013, à Tel Aviv. — REUTERS/Ammar Awad

Yaïr Lapid n’a pas attendu les élections législatives israéliennes pour être connu dans son pays. Journaliste vedette à la télé, éditorialiste, acteur, romancier, ce presque quinquagénaire aux faux airs de George Clooney a su profiter de sa notoriété pour imprimer sa marque dans le paysage politique. Avec son parti Yesh Atid, il se hisse à la deuxième place des forces politiques derrière le Likoud (avec 19 sièges sur les 120 du Parlement israélien).

C’est pourtant la première fois qu’il se présente. Quand il annonce son entrée dans l’arène politique en janvier 2012, c’est au nom de la justice sociale. Objectif: «partager le fardeau» des classes moyennes. Parmi ses priorités, étendre l’obligation du service militaire aux orthodoxes. Yaïr Lapid milite également pour que les ultra-orthodoxes, qui constituent un dixième de la population, travaillent davantage, afin d'alléger la contribution fiscale des classes moyennes.

Des religieux dans la liste

Grand amateur d'arts martiaux, Yaïr Lapid a su éviter les travers de son père, Yosef «Tommy» Lapid, qui, à la tête du parti laïque Shinui, avait remporté 15 sièges à la Knesset en 2003. Mais sur une plate-forme très antireligieuse. Yaïr, lui, n’a pas hésité à intégrer des religieux dans sa liste –et notamment un rabbin en numéro deux– pour rassurer la frange la plus pratiquante de la société israélienne. Le reste de son équipe est hétéroclite: pléthore de maires et d’anciens responsables municipaux, un ancien directeur du Shin Beth, le contre-espionnage israélien, et un collègue journaliste.

Une participation prévue à la coalition gouvernementale

Consensuel et vague dans ses propositions, Yaïr Lapid n’a jamais exclu, contrairement au Parti travailliste, de participer à une majorité dirigée par Benyamin Netanyahou. «Je serais plus que satisfait si j'avais ma part» dans la reconstruction des politiques sociales, a-t-il toujours dit. Une position qu’il n’a pas manqué de réaffirmer une fois les résultats de l’élection connus. Les enjeux sécuritaires, liés à la question palestinienne ou à l’Iran, n’ont quasiment pas été abordés lors de sa campagne. Mais ses positions sur ces sujets sont là encore très consensuelles au sein de la société israélienne.