Le Liban jette les ponts de l'espoir

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Drapeaux au vent, saluées par les habitants en liesse, les premières colonnes de soldats se sont déployées dès l'aube dans le sud, après avoir traversé des ponts de fortune sur le fleuve Litani, frontière naturelle de la région.
Drapeaux au vent, saluées par les habitants en liesse, les premières colonnes de soldats se sont déployées dès l'aube dans le sud, après avoir traversé des ponts de fortune sur le fleuve Litani, frontière naturelle de la région. — Hassan Ammar AFP

Ils sont venus à cinq de Naamé, ville située à 5 km au sud de Beyrouth, pour voir l'étendue des dégâts. Sur la route principale, le pont a été détruit par l'armée israélienne avec une précision qui surprend même les militaires. Les cinq hommes, passés en voisins, auscultent le trou béant, les gravats, jettent un oeil sur ce qu'il reste de la maison située à quelques mètres de là, avant de plonger la main dans l'eau boueuse qui monte peu à peu. Un problème d'égout que comptent bien régler ces volontaires improvisés, armés d'une pelle et d'un marteau. « Les gens du quartier viennent régulièrement, explique le colonel Boismoreau, de l'opération Baliste. Ils sont venus aider à déblayer, pour que leur quartier soit réparé plus rapidement. »

Juste au-dessus d'eux, quarante soldats français s'activent sous un soleil de plomb pour mettre en place l'un des cinq ponts Bailey que la France va construire sur demande du gouvernement libanais. Tsahal a détruit 117 ponts pendant les trente-quatre jours de la guerre contre le Hezbollah. Résultat, ralentissements, bouchons et déviations se multiplient. Les ponts Bailey, utilisés pour la reconstruction après-guerre dans le cadre du plan Marshall, sont prévus pour parer au plus urgent. Celui de Naamé devrait être fin prêt dimanche ou lundi. Il sera peut-être inauguré par la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, une semaine seulement après avoir posé la première ferraille. C'est l'avantage de ces ponts : rapides à monter, il ne nécessitent que la force de huit hommes pour porter les plus grosses pièces de 280 kg.

A Naamé comme à Damour, où le premier pont a été inauguré vendredi dernier par le ministre de l'Equipement, Dominique Perben, les Bailey ne doivent théoriquement être que des solutions temporaires. Reste à savoir si le gouvernement libanais mettra les moyens nécessaires pour en construire de nouveaux, plus appropriés pour la circulation.

Faustine Vincent, envoyée spéciale à Beyrouth