La catastrophe sanitaire s'aggrave en Côte d'Ivoire

©2006 20 minutes

— 

Plus de 5.000 personnes ont été intoxiquées et trois tuées par les émanations de produits chimiques déchargés d'un navire étranger et déversés fin août dans des décharges publiques d'Abidjan, a indiqué samedi le ministère ivoirien de la Santé.
Plus de 5.000 personnes ont été intoxiquées et trois tuées par les émanations de produits chimiques déchargés d'un navire étranger et déversés fin août dans des décharges publiques d'Abidjan, a indiqué samedi le ministère ivoirien de la Santé. — Kambou Sia AFP

Plus de 15 000 consultations médicales pour intoxications, vingt-trois hospitalisations et déjà six décès : la catastrophe sanitaire provoquée par le déversement de déchets toxiques, fin août, dans les décharges publiques d'Abidjan en Côte d'Ivoire ne cesse de croître.

Il y a tout d'abord la psychose de l'empoisonnement, qui pousse des milliers de personnes à consulter un personnel médical débordé. Pour pallier la saturation des centres de santé, le ministère ivoirien de la Santé a annoncé hier l'embauche de 1 000 « jeunes médecins, chirurgiens, dentistes et pharmaciens chômeurs ». Il y a ensuite la multiplication des tas d'ordures, faute de pouvoir les déverser dans les décharges, fermées pour raisons sanitaires. Enfin, il y a la crainte d'une pollution toxique beaucoup plus importante que prévu : onze sites ont été recensés jusqu'ici mais « d'autres risquent d'être découverts », a prévenu mardi le coordinateur humanitaire des Nations unies en Côte d'Ivoire, Youssouf Omar. Surtout, « un nombre important de déchets a été déversé dans la mer et dans la lagune ainsi qu'à proximité des zones maraîchères », avec un risque de pollution pour toute la chaîne alimentaire.

Hier, les experts français, dépêchés sur place pour aider des autorités impuissantes, ont préconisé un enlèvement immédiat des déchets toxiques. A suivre.

Clémence Lemaistre