La prise d'otages en Algérie n'a pas de lien avec le Mali, selon des experts français

TERRORISME Les islamistes de la katiba des Moulathamine assurent pourtant agir en représailles à l’action française...

M.P. avec Reuters

— 

Photographie non datée, prise par le groupe norvégien Statoil, du site gazier d’In Amenas, dans l'est de l'Algérie.
Photographie non datée, prise par le groupe norvégien Statoil, du site gazier d’In Amenas, dans l'est de l'Algérie. — AFP PHOTO / STATOIL / KJETIL ALSVIK

Y a-t-il un lien entre l’intervention au Mali et la prise d’otages sur un site gazier de l’est de l’Algérie, comme le clament les islamistes qui revendiquent l’attaque? Non, estiment plusieurs spécialistes français dont Yves Bonnet, l'ancien chef du contre-espionnage français. «Parce que c'est une opération d'envergure, qui est spectaculaire, et qui surtout nécessite une longue préparation parce que les déplacements dans le désert sont assez difficiles à faire», a-t-il développé ce jeudi sur Europe 1. «On peut se faire assez facilement repérer, il faut regrouper des gens qui viennent probablement d'endroits assez différents et donc ce n'est pas du tout une intervention improvisée», a-t-il insisté.

>> Pour suivre la situation minute par minute, c'est par ici

Pour lui, «l'opération était très probablement déjà programmée, on n'improvise pas dans ce domaine». Mais, a-t-il concédé, «que les choses aient été un peu accélérées à cause de l'intervention française au Mali, c'est tout à fait possible mais dans tous les cas, c'est une opération qui de toute façon se serait déroulée».

Aussi une guerre de communication

Même analyse du côté de Gérard Longuet, l’ancien ministre UMP de la Défense. «On ne peut pas imaginer qu'en moins d'une semaine, une telle prise d'otages ait pu être conçue par une filiale d'Al-Qaida ou Aqmi», a-t-il assuré sur LCI. «Cette prise d'otages demande une préparation. Très clairement, il a fallu plusieurs semaines pour acheminer des moyens, des hommes» et il a fallu «des repérages», a-t-il ajouté.

Dans la guerre –qui est aussi celle de la communication- engagée contre les islamistes, il s’agit pour les terroristes de «montrer qu'ils sont présents partout, que la zone sahélienne, de la Mer rouge à l'Atlantique, est sous leur influence» et «afficher une capacité à déstabiliser tous les régimes, y compris le régime algérien», a ajouté le sénateur de la Meuse.