Les Français sous pression au Sahel

SECURITE Le Quai d'Orsay appelle à davantage de vigilance, les sociétés disent prendre des mesures...

Alexandre Sulzer

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SIPA

Depuis le début de l'année, Véronique, une expatriée française qui travaille dans l'humanitaire à Niamey, au Niger, a changé ses habitudes : plus de randos le week-end autour de la capitale, plus de missions en brousse. Celle qui n'était pas très inquiète pour sa sécurité va poser des fils barbelés sur le mur d'enceinte de sa maison et installer une alarme. «Il n'y a pas de panique générale parmi les Français ici, témoigne-t-elle. Mais certains se posent la question d'un retour anticipé en France.»

Ton alarmiste des autorités

Car, avec la guerre au Mali, la sécurité des Français dans la zone sahélienne semble de plus en plus fragile. Le rapt d'Occidentaux mercredi sur un site gazier en Algérie confirme la menace. D'autant plus qu'il s'est déroulé dans une zone décrite comme «déconseillée sauf raisons impératives» par le Quai d'Orsay et non dans la «zone rouge» (formellement déconseillée aux ressortissants français).

Depuis le début de l'opération Serval, le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement aux Français de se rendre dans tout le Mali. Et le ton des autorités françaises se veut plus martial: «Les ressortissants français qui se trouveraient dans cette zone (sahélienne) doivent savoir que leur liberté et leur vie sont explicitement et directement menacées.»

Mercredi, le Quai d'Orsay n'était pas en mesure de préciser si le périmètre de la «zone rouge» évoluerait. Le groupe pétrolier Total précise à 20 Minutes qu'en raison du contexte, une présence «minimale» de Français était assurée en Algérie comme en Mauritanie. «Nous prenons des mesures de sécurité adéquates», indique le groupe, sans plus de précision.

Pour le groupe nucléaire Areva, qui fait travailler une cinquantaine de Français au Niger, «les événements de ces derniers jours n'ont pas eu d'incidence à ce stade», mais «(...) un appel au renforcement de la vigilance a été effectué ces derniers jours». Quant aux voyagistes spécialisés sur le désert, plusieurs confient l'attrait renouvelé pour le Sud marocain, «sécurisé». Et le développement de nouvelles destinations, comme Oman ou la Jordanie. Loin de l'Afrique.

 

Guérilla au Mali

Selon des sources sécuritaires, les forces spéciales françaises se battent désormais «au corps à corps» avec les islamistes à Diabali, à environ 400km au nord de Bamako. Une info démentie mercredi soir par le ministère de la Défense. Les colonnes de l'armée régulière se tiennent «en alerte» à Niono (50 km au sud de Diabali) et à Markala, plus au sud.