Etats-Unis: Obama dévoile son plan pour réduire la violence des armes à feu

ETATS-UNIS Mais le combat au Congrès pour obtenir une interdiction des armes d'assaut et des chargeurs à haute capacité s'annonce féroce...

P.B.

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Barack Obama signe 23 décrets pour lutter contre la violence des armes à feu, le 16 janvier 2013.
Barack Obama signe 23 décrets pour lutter contre la violence des armes à feu, le 16 janvier 2013. — K.LAMARQUE/REUTERS

Des enfants étaient derrière le président et des parents d'élèves de l'école de Newtown se trouvaient dans la petite salle de la Maison Blanche, mercredi. Si Barack Obama a mis tous les atouts émotionnels de son côté pour dévoiler son plan pour réduire la violence causée par les armes à feu, c'est que la mission s'annonce compliquée.

Obama a signé 23 décrets pour renforcer les lois actuelles, avec des mesures notamment destinées à lutter contre le trafic d'armes. Mais le cœur des recommandations de Joe Biden devra être approuvé au Congrès, un challenge alors que les républicains contrôlent la Chambre des représentants. Les trois axes principaux du projet de loi:

  • remettre en place l'interdiction des armes d'assaut de 1994, qui a expiré dans l'indifférence générale
  • limiter à 10 la capacité des chargeurs
  • obliger tous les acheteurs potentiels à se soumettre à un «background check» universel (enquête approfondie sur leurs antécédents). C'est déjà le cas actuellement, mais il existe de nombreux moyens de les contourner, notamment lors d'un achat réalisé aux fameux «gun shows», ces salons consacrés aux armes à feu.

«Land of the free»

Obama a promis que les Etats-Unis resteraient «the land of the free». Traduction: il ne compte pas revenir sur le Second amendement et le droit de posséder une arme. Mais il l'a répété, «les armes de guerre n'ont pas leur place dans nos rues».

Sa mission principale, a-t-il expliqué, est de garantir la sécurité des enfants. «Ce à quoi nous devrions penser est notre responsabilité de nous occuper d'eux et de les protéger du mal», a-t-il assuré. «C'est la première tâche qui incombe à notre société, faire en sorte que nos enfants restent en sécurité».

Le président a notemment mentionné Grace, l'une des 20 enfants tués lors du massacre de Newtown, le mois dernier. «Elle était joyeuse, elle aimait le rose et rêvait de devenir un peintre. Ses parents m'ont donné une de ses œuvres. Je l'ai accrochée dans mon bureau. Chaque fois que je la regarde, je pense à elle et à la vie qu'elle aurait pu avoir»

Un défi au Congrès

Obama a encore lu la lettre d'une autre petite fille, Julia, présente dans la salle. «Je sais que ce sera difficile à passer pour le Congrès mais je vous supplie d'essayer», écrit-elle. Selon le président, «ça ne sera possible que si chaque Américain fait pression sur ses élus».

Pour l'instant, il peut compter sur une opinion publique favorable à 58% à un contrôle plus stricte et à une interdiction des armes automatiques. C'est 11% de plus qu'après la tuerie de Virginia Tech.

Son principal adversaire s'appelle la NRA. La National Rifle association, forte de ses 4 millions de membres et d'un budget annuel de 300 millions de dollars, mettra tout son poids de lobbying dans la bataille au Congrès. Mardi, elle a accusé le président d'être un «élitiste hypocrite» pour refuser de déployer des policiers dans chaque école alors que ses enfants sont protégés par des gardes du corps.

Selon les experts, la majorité des élus républicains, et certains démocrates, refuseront d'interdire la vente d'armes automatiques mais pourraient se mettre d'accord pour renforcer les background checks et limiter la capacité des chargeurs. Selon Obama, il y a «urgence»: depuis la tuerie de Newtown, il y a un mois, environ 900 Américains ont été tués par balle.