L'Egypte lance des obligations islamiques

Reuters

— 

Le gouvernement égyptien a approuvé un projet de loi qui doit permettre l'émission de «sukuk», des obligations souveraines fidèles à la loi coranique, a annoncé mercredi Al Morsi al Sayed Hegazy, ministre des Finances. Le texte, retouché par le gouvernement à la suite de critiques formulées par des responsables religieux, doit encore être adopté par le Conseil consultatif, la Chambre haute du Parlement où les islamistes sont majoritaires.

Le Coran interdit «l'usure», et donc de demander des intérêts dans le cadre d'un prêt, ce qui empêche le système classique d'obligations de fonctionner dans un cadre islamique.

Renflouer le pays

Pour contourner cette interdiction, le système des «sukuk» permet à l'investisseur de recevoir à échéance régulière des profits engrangés par des actifs tangibles, le plus souvent constitués par des biens immobiliers ou des infrastructures. L'Egypte, dont le gouvernement islamiste cherche à renflouer les réserves de devises étrangères du pays, en particulier de dollars, en chute libre depuis la «révolution du Nil» du début 2011, n'avait encore jamais émis ce type d'obligations.

Le ministre des Finances a précisé que la Banque islamique de développement islamique, un établissement international basé en Arabie saoudite, avait annoncé son intention d'acheter près de 5 milliards d'euros de «sukuk».