Les Français lucides sur les représailles

William Molinié

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Si les Français sont majoritairement favorables (63 %) à l'intervention de l'armée au nord du Mali, 71 % d'entre eux craignent qu'elle n'entraîne des actes terroristes en France, selon un sondage réalisé lundi et mardi par Harris Interactive pour 20 Minutes (voir infographie). « On se rend compte que les Français ont anticipé les risques terroristes sur le territoire », analyse Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique-opinion de l'institut Harris Interactive.

«Forme d'unité nationale»


Il ressort de l'enquête que le clivage droite-gauche est faible. Quelque 70 % des sympathisants de gauche soutiennent l'opération Serval. A droite, ils sont 68 %. Même parmi l'électorat de Jean-Luc Mélenchon, qui a pourtant jugé « discutable » l'engagement de la France, ils sont 60 % à être favorables à son intervention. « Une forme d'unité nationale se détache », note Jean-Daniel Lévy. Les arguments du gouvernement justifiant l'opération semblent avoir été bien enregistrés par les sondés. Ils sont 86 % à penser que la France est intervenue pour « empêcher que le Mali ne devienne un Etat sous contrôle des islamistes », et tout de même 70 % pour « protéger les approvisionnements en uranium venant principalement du Niger ». « Les Français ne remettent pas en cause ce qui est dit. Alors qu'en Irak, on pouvait trouver des positions différentes, sur le Mali, le climat de suspicion existe peu dans un contexte général de critiques envers le politique», conclut-il. ■

■ Conscients du risque d'enlisement

Les Français semblent plutôt sceptiques quant à un retrait rapide de l'armée dans le nord du Mali. Parmi les sondés, 64 % d'entre eux estiment que l'intervention va durer « quelques mois », 19 % « quelques années ». Et seulement 14 % pensent que l'armée française ne restera que « quelques semaines ».